Le procès d’Aliou Bah, figure politique guinéenne, a continué de se dérouler devant la cour ce mardi, avec des échanges importants entre l’accusé et la présidente du tribunal, Hadja Fatou Bangoura. Ce dernier est accusé d’offense et de diffamation à l’encontre du chef de l’État, accusations qu’il a fermement niées.
À la barre, Aliou Bah a d’abord été interrogé par la présidente, qui lui a demandé de clarifier s’il reconnaissait les faits qui lui étaient reprochés. “Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés”, a-t-il répondu, avant de détailler les circonstances de son arrestation.
L’accusé a mis en avant les conditions de son arrestation et de son emprisonnement, soulignant qu’il avait été détenu pendant trois mois sans que les motifs de son incarcération ne lui soient clairement expliqués. “Je suis un acteur politique, un père de famille, et un travailleur qui n’a jamais eu de démêlés avec la justice”, a-t-il affirmé. Aliou Bah a insisté sur le fait qu’il n’avait jamais été impliqué dans une quelconque affaire criminelle, ni même amené à témoigner dans un commissariat.
L’accusé a précisé que ses critiques vis-à-vis du gouvernement étaient toujours formulées dans le cadre légal, conformément aux lois de la République de Guinée. Il a expliqué que son engagement politique, ainsi que la formation qu’il dirigeait, visait à offrir une alternative crédible pour le gouvernement du pays, et qu’il en était fier.
En ce qui concerne son arrestation, Aliou Bah a précisé qu’il se rendait à Freetown pour des raisons personnelles lorsqu’il a été interpellé à la frontière de Pamelape. Il a décrit les circonstances de cette interpellation : après avoir été gardé pendant plus de quatre heures à la frontière, lui et son accompagnant ont été transportés à Conakry par des gendarmes cagoulés et lourdement armés. Une fois à Conakry, il a été détenu dans une cellule insalubre pendant plusieurs jours, une expérience qu’il a qualifiée de difficile mais qui ne l’a pas détourné de son engagement politique.
“J’ai accepté ces conditions difficiles, mais je n’ai pas regretté mon engagement. Si cela peut aider à améliorer la situation des Guinéens, je suis prêt à en payer le prix”, a-t-il déclaré, en soulignant qu’il n’avait jamais eu l’intention de nuire à quiconque.
Lors du procès en première instance, son avocat avait argumenté que les motifs de son arrestation étaient infondés. Aliou Bah a réitéré cette position, en soulignant que les accusations portées contre lui ne reposaient sur aucun fondement solide, et que ses prises de parole avaient toujours eu lieu dans un cadre légal.
L’affaire continue de faire débat au sein de l’opinion publique, tandis qu’Aliou Bah maintient sa position, s’estimant victime d’une persécution politique. Il conclut en réaffirmant son engagement pour un avenir meilleur pour la Guinée, malgré les obstacles qu’il rencontre.
Aïssata SYLLA



