Conakry, 1er juillet 2025 — À l’approche des élections générales et du référendum constitutionnel prévus en septembre, une quarantaine de journalistes issus des médias publics et privés guinéens prennent part à une formation stratégique axée sur le fact-checking. Cette session de deux jours, lancée ce mardi au Centre de Formation et de Perfectionnement en Techniques de l’Information et de la Communication (CFPTIC), est organisée par le Service d’Information du Gouvernement (Guinée-Gouv), en partenariat avec le ministère de l’Information et de la Communication.
L’objectif est clair : doter les professionnels des médias des compétences nécessaires pour faire face à la désinformation et garantir une couverture médiatique responsable, en cette période marquée par d’importants enjeux politiques.
« Cette formation vient à point nommé », a estimé Abdoulaye Djibril Diallo, directeur général du CFPTIC. Selon lui, dans un contexte de transition démocratique, les journalistes doivent jouer un rôle central dans la consolidation du vivre-ensemble et la stabilité du pays. « Il est essentiel de maîtriser les techniques de traitement de l’information, surtout dans les zones sensibles. La lutte contre les fake news devient une urgence », a-t-il insisté.
Pour Abouakar Condé, coordinateur de Guinée-Gouv, cette initiative s’inscrit dans la deuxième phase du plan d’action de son service, axée sur le renforcement des capacités des acteurs de l’information. Il a souligné l’importance d’impliquer l’ensemble du paysage médiatique, allant de la RTG aux radios web, en passant par la presse écrite et les télévisions privées. « Notre objectif est de créer une dynamique nationale autour de la vérification des faits, afin d’assurer une information crédible et équilibrée », a-t-il expliqué.
Le soutien des partenaires professionnels ne s’est pas fait attendre. Présent à l’ouverture des travaux, le secrétaire général du Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée (SPPG), Sékou Jamal Péndessa, a salué l’initiative et appelé à sa démultiplication, notamment dans les régions de l’intérieur du pays. « Une presse bien formée constitue un rempart contre les tensions intercommunautaires nourries par la désinformation. Le fonds de formation prévu dans la convention collective doit être pleinement activé pour soutenir ces efforts », a-t-il déclaré.
Animée par des experts de renom, dont François Chignac, spécialiste international du fact-checking avec une vaste expérience en Afrique, la session aborde des modules pratiques sur les outils numériques de vérification et les réflexes à adopter pour éviter la propagation de contenus erronés. « Renforcer les capacités des journalistes, c’est consolider les fondations démocratiques et restaurer la confiance entre les citoyens et les médias », a affirmé l’expert.
Durant ces deux jours, les participants auront l’occasion de se familiariser avec les méthodes de vérification d’informations en ligne, dans un contexte où les fake news, qualifiées d’« infodémie » par l’ONU, représentent un défi majeur pour la stabilité sociopolitique du pays.
Aïcha Kébé



