Une semaine après je pus témoigner sur Madame Diallo née Mariama Ciré Pilimini Diallo. C’est depuis Kindia où cette nouvelle m’est tombée dessus comme un couperet. J’ai été sonné pour dire vrai même si ces derniers temps le contact n’était pas intense. D’une évidence tu ne vas pas lire ces quelques lignes qui parlent de toi au passé. Si j’ai pris du temps, c’est parce qu’il m’est toujours difficile de parler de toi au passé mais ne dit-on pas que la mort n’arrête pas l’amour? Alors, si c’est un crime, je plaide coupable.
Pili-Pili, tu as trahi plus d’un. Ce beau monde que tu as su créer est vide et il sera difficile de combler le trou. Ce monde qui est resté sans mot et dans l’émoi profond en apprenant dans la soirée du lundi 6 janvier 2025 ton rappel à Dieu. Surtout tes proches présents au baptême de ton garçon le dimanche de la veille. Qu’est-ce qui n’a pas marché? La difficile question qu’on m’a posée de façon répétitive sans réponse. La seule réponse, Dieu a repris ce qui lui appartient. Qui suis-je d’ailleurs pour tergiverser en dépit de la profondeur de ma douleur? Rien parce que là où tu es aujourd’hui, nous t’y rejoindrons, pas une seconde de plus sur le destin.
Pili-Pili, c’était cette dame très appliquée dans le travail avec un talent multi-casquettes. De l’animatrice en français et en langue pular quand je t’accueillais en stage, j’ai tout de suite déniché le talent de présentatrice d’éditions d’informations et de reporter terrain. Tu avais le don de mettre à l’écoute tes auditeurs avec une voix qu’on ne pouvait assimiler à une autre tellement elle était si particulière.
Certes à deux reprises tu as décroché, mais le destin étant implacable, c’est en étant encore au groupe de presse Afric Vision que tu as tiré ta révérence de ce bas monde. Un monde qui nous impressionne au point de tomber dans l’égarement mais ta mort subite après avoir distribué le sourire et la joie de vivre 24 heures auparavant nous a rappelé à l’humilité, à l’amour du prochain et au pardon. Des traits qui te caractérisent d’ailleurs.
Pili-Pili, c’était aussi cette résiliente dame. Face aux problèmes de l’entreprise tu as su m’écouter au point que je me gênais parfois. J’étais comme un guide éclairé pour toi avec un respect et une admiration sans mesure. Jamais elle ne m’a fixé dans les yeux à chaque fois elle franchissait la porte de mon bureau. Tête basse, elle m’expliquait ses petits soucis dans le travail tant dans sa collaboration que dans les moments de vache maigre du Groupe. Ce qui témoigne la pieuse épouse et cette fille ayant reçue la très bonne éducation du fouta.
Pili-Pili, c’était aussi ce grand amour non seulement pour ma modeste personne de DG/DRH mais c’est aussi les mêmes sentiments pour mon épouse qu’elle aimait tant. Jamais mon anniversaire sans un mot et la facture qu’elle laissait à madame de gérer. Ohhhh Pili-Pili inchallah on ne t’oubliera pas dans nos prières. Face à l’implacable destin on garde la foi.
Repose en paix belle âme. Mes condoléances à ton cher époux, à ta famille biologique et professionnelle. Que tes enfants trouvent une place dans le cœur de ceux qui te pleurent et te magnifient aujourd’hui. Ainsi va la vie, si ce n’est le matin d’un soir, c’est toujours le soir d’un matin.
Ton grand frère, ton DG



