Le procès contre Dr Ousmane Kaba et ses coaccusés a repris ce lundi 17 février 2025 devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Les prévenus sont poursuivis pour faux et usage de faux en écritures publiques, ainsi que pour abus de confiance, dans une affaire impliquant la société Bankina Pêche.
Après les interrogatoires de Dr Ousmane Kaba lors de la précédente audience, c’était au tour de Mansa Moussa Sidibé, ancien ministre de la Pêche de 1999 à 2002, de se présenter devant la cour.
À la barre, Mansa Moussa Sidibé a d’abord répondu aux questions du président de la cour, Yagouba Conté. Ce dernier lui a demandé s’il reconnaissait les faits qui lui sont reprochés. Mansa Moussa Sidibé a fermement nié toute implication, déclarant : « Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés. Je ne sais même pas ce que signifient ces termes de faux et usage de faux en écriture publique, et d’abus de confiance à mon égard. » Il a poursuivi en expliquant qu’il avait été nommé ministre de la Pêche le 12 mars 1999 et qu’à la fin de son mandat, en décembre 2002, il n’avait jamais vu de document mentionnant la Chine dans un rapport de mission qu’il avait demandé à l’inspecteur général de la pêche. Il a ajouté : « Je n’ai jamais collaboré avec la Chine. » C’est après avoir demandé à ce qu’on lui montre les bateaux illégalement installés qu’il a appris l’implication de la Chine.
Des Interrogations Sur la Convention Guinée-Chine
Le président Yagouba Conté a alors questionné le ministre sur l’éventuelle signature d’une convention entre la Guinée et la Chine, ainsi qu’entre l’État guinéen et Bankina Pêche. Mansa Moussa Sidibé a réaffirmé son ignorance : « Je n’ai jamais vu la convention signée entre la Guinée et la Chine. Je ne suis pas au courant. »
Le ministère public, représenté par Maître Amiata Kaba, a ensuite posé des questions pour clarifier l’implication du ministre dans cette affaire. Il lui a demandé s’il avait entendu parler de ces sociétés pendant qu’il était aux affaires. Mansa Moussa Sidibé a répondu par la négative, affirmant qu’il n’avait jamais eu de relation avec Bankina Pêche ou la China National Fisheries Corporation.
Lorsqu’on lui a demandé s’il était ministre lors de la signature de la convention cadre entre la Guinée et la Chine, Mansa Moussa Sidibé a précisé qu’il était alors inspecteur du travail, non ministre de la Pêche.
L’Avocate de la Partie Civile Pose de Nouvelles Questions
Maître Tènènké Touré, avocate de la partie civile, a interrogé l’ancien ministre sur son bilan pendant ses années de gestion du ministère de la Pêche. Mansa Moussa Sidibé a énuméré plusieurs réalisations, telles que la construction du pont de Canfarandé et la mise en place d’un système de pêche à Dixinn.
Elle a également demandé qui était responsable de la délivrance des licences de pêche à l’époque. Mansa Moussa Sidibé a expliqué qu’une structure dédiée était chargée de cette tâche au sein du ministère.
Le Mot de la Défense et Renvoi de l’Affaire
Après les questions, les avocats de la défense ont pris la parole pour présenter leurs arguments. Le président de la cour a ensuite clôturé cette phase des débats en annonçant que l’affaire serait renvoyée pour les plaidoiries et réquisitions. Avant de terminer l’audience, il a interrogé un autre prévenu, le ministre Boubacar Bary, impliqué dans la même affaire.
L’affaire a été renvoyée au 3 mars 2025 pour la suite des débats.
Aissata SYLLA pour webguinee24.info



