Le Premier ministre de la transition, Amadou Oury Bah, a fait face aux attentes de l’assemblée nationale du RPG arc-en-ciel ce 8 mars 2025, lors de l’assemblée générale hebdomadaire du parti.
Toutefois, pour Marc Yombouno, membre du bureau politique de l’ex-parti au pouvoir, cette prise de parole n’a pas apporté de réponses concrètes aux préoccupations des citoyens.
Dans ses propos, Marc Yombouno souligne que pour qu’une déclaration soit significative, elle doit suivre une logique claire et cohérente. Selon lui, un discours qui commence par A et termine par Z, avec un enchaînement logique, permet de retenir des éléments importants. Or, à l’issue de la conférence, il déclare qu’il n’a pas été possible de tirer des enseignements majeurs des propos du Premier ministre.
« Quand on dit qu’il n’y a rien à retenir, c’est parce qu’il manque une logique dans ce qu’un responsable dit. Il y a des engagements pris après le coup d’État du 5 septembre, mais jusqu’à aujourd’hui, rien n’a été fait pour les honorer », affirme Marc Yombouno. L’ancien ministre du Commerce sous le régime d’Alpha Condé rappelle les engagements pris par les autorités de la transition, notamment en matière de retour à l’ordre constitutionnel et de respect du chronogramme de 24 mois. Malgré les promesses de rétablir la constitutionnalité et d’assurer la stabilité du pays, il déplore l’absence de progrès depuis la prise de pouvoir militaire.
Marc Yombouno insiste également sur le fait que la mission principale de la transition, telle qu’établie par la charte, ne consiste pas à entreprendre des projets d’infrastructure comme la construction de ponts ou d’écoles. « La charte était très claire : il ne s’agissait pas de construire des ponts ou des écoles. L’objectif était de maintenir les activités courantes de l’État, quelles que soient les circonstances, pour garantir la continuité de la gouvernance », explique-t-il. Pour lui, ce qui manque aujourd’hui, c’est le respect des engagements pris, notamment la mise en place d’un véritable processus de transition vers un retour à l’ordre constitutionnel, tel que prévu par la CEDEAO.
Marc Yombouno souligne également que lors de son intervention, le Premier ministre aurait dû revenir sur ces points cruciaux : pourquoi les engagements n’ont-ils pas été réalisés ? « Nous pensions que le Premier ministre, lorsqu’il prend la parole, devait d’abord expliquer pourquoi ces engagements n’ont pas été honorés. Mais au lieu de cela, il parle de refondation », regrette-t-il.
Enfin, il rappelle que la refondation, selon la charte, englobe des missions essentielles comme la sécurisation des frontières, la protection des libertés individuelles et collectives, ainsi que la refondation des institutions. Cependant, ces priorités semblent avoir été mises de côté au profit d’autres préoccupations.
Ainsi, pour Marc Yombouno, le discours du Premier ministre n’a pas répondu aux attentes de nombreux Guinéens qui espèrent des actions concrètes et une véritable avancée dans le processus de transition.
Aïssata SYLLA



