Le procès impliquant le ministre Ibrahima Kourouma et Mohamed V Sankhon a continué ce mercredi 19 mars 2025, avec les plaidoiries des avocats de la défense. Les deux hommes sont accusés de détournement de fonds publics et d’enrichissement illicite. Après la plaidoirie de l’avocat de la partie civile et les réquisitions du ministère public demandant cinq ans de prison pour chaque accusé, c’était au tour des avocats de défendre leurs clients.
Maître Soufiane Kouyaté, avocat de l’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Ibrahima Kourouma, a vivement contesté les accusations à l’encontre de son client. Selon lui, aucune preuve tangible n’a été présentée pour justifier les allégations de détournement. Lors de sa plaidoirie, il a souligné que la procédure engagée contre Kourouma reposait sur une ordonnance de renvoi qui ne fait mention d’aucune somme précise détournée : « Monsieur le Président, notre client est poursuivi sous la base d’une ordonnance de renvoi qui lui demande de justifier certains montants. Mais à ce jour, aucune somme n’a été clairement indiquée comme ayant été détournée. L’accusation repose sur des suppositions sans fondement », a-t-il déclaré.
Maître Kouyaté a également critiqué l’absence de notification préalable concernant les biens du ministre et la manière dont l’affaire a été conduite jusqu’à présent. Il a exhorté la cour à rendre une décision fondée sur les faits et à ne pas céder à des pressions extérieures. « Si être un ancien ministre sous Alpha Condé constitue une infraction, alors qu’il en soit ainsi. Mais il faut juger sur la base des preuves et des faits présents dans ce dossier », a-t-il ajouté.
Pour sa part, Ibrahima Kourouma a pris la parole pour exprimer sa confiance dans la justice guinéenne. « Je suis ravi des débats qui ont eu lieu. Ils ont permis de montrer que ce qui a été qualifié de détournement n’est en réalité qu’une question de justifications légitimes. J’ai toujours eu confiance dans la justice, et je maintiens cette confiance », a-t-il affirmé.
De son côté, Mohamed V Sankhon, directeur administratif et financier, a remercié la cour pour l’organisation du procès et a insisté sur la fourniture de toutes les pièces justificatives relatives aux dépenses scolaires. « J’ai fourni toutes les pièces justificatives. Je n’ai vu personne d’autre ici pour expliquer certains aspects budgétaires, mais j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour clarifier la situation », a-t-il déclaré.
Après les plaidoiries, le président de la cour, Yagouba Conté, a mis l’affaire en délibéré. La décision finale sera rendue le 16 avril 2025.
Aissata SYLLA



