Ce 24 mars 2025, s’est tenue une nouvelle audience au tribunal correctionnel de première instance de Kaloum, dans l’affaire de détournement de fonds publics impliquant l’hôpital Ignace Deen. Les prévenus, à savoir le directeur général de l’hôpital, Professeur Mamadou Dadhi Baldé, l’agent comptable Oumar Yansané, ainsi que le directeur administratif et financier (DAF), Samuel Koundoua Koumassadouno, ont continué leurs dépositions.
Ces trois responsables sont accusés de détournement de fonds publics s’élevant à 866 millions de GNF. L’audience du jour était consacrée à la comparution du DAF, Samuel Koundoua Koumassadouno, qui, à l’instar de ses collègues, a rejeté fermement les accusations à son encontre.
Selon le DAF, l’inspection menée, à l’origine de leur inculpation, a été réalisée sans son consentement et à son insu. Il a précisé que l’inspection n’avait pas pris la peine de vérifier sur place les équipements informatiques et autres ressources disponibles dans les services concernés. « Nous sommes tous innocents des accusations portées par le contrôleur financier et son équipe », a-t-il affirmé devant la cour.
Concernant l’utilisation des fonds incriminés, le DAF a détaillé les deux volets des dépenses mises en cause. Le premier, portant sur un montant supérieur à 325 millions de GNF, concernait des achats de matériel informatique, de blouses jetables, ainsi que des kits de maternité et de césarienne. Samuel Koundoua Koumassadouno a souligné que des justificatifs pour ces dépenses étaient bel et bien disponibles.
Quant au second volet, portant sur un montant de 541 millions de GNF, le DAF a soutenu que cela ne relevait pas de ses responsabilités directes. Selon lui, une partie de cette somme (341 millions de GNF) aurait dû être présente en caisse au 27 mai 2024, et plus de 122 millions de GNF étaient disponibles sur le compte bancaire de l’hôpital, à la Banque Centrale de la République de Guinée. “L’inspecteur n’a pas tenu compte de ces éléments et n’a pas effectué les vérifications nécessaires”, a-t-il insisté.
Lors des débats, Samuel Koundoua Koumassadouno a exprimé son mécontentement à l’égard de l’agent judiciaire de l’État, affirmant que les représentants de cette institution ne lui disaient pas la vérité. « Ils veulent se servir de vous pour nous nuire », a-t-il ajouté.
À l’issue de la déposition du DAF, l’avocat de l’agent judiciaire de l’État, Me Amadou DS Bah, a demandé la comparution de l’inspecteur ayant mené l’enquête, afin que celui-ci puisse fournir des éclaircissements supplémentaires sur son rapport. Cette demande a été rejetée par la défense, qui estime que le tribunal a déjà suffisamment d’informations après les dépositions des prévenus. En conséquence, ils ont demandé la fin des débats et l’organisation de la phase des plaidoiries et réquisitions.
Le ministère public a, pour sa part, soutenu la demande de comparution de l’inspecteur, conformément aux principes du contradictoire.
Après avoir entendu toutes les parties, le juge Ousmane Sylla a décidé de renvoyer l’audience au 28 avril 2025, pour la comparution des inspecteurs en charge de l’enquête.
Aïssata SYLLA



