Le 19 mars dernier, le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a présenté un rapport final d’évaluation des partis politiques en Guinée, entraînant la suspension de 28 partis, dont le RPG Arc-en-ciel. Suite à cette décision, le haut commandement de la Gendarmerie nationale a ordonné à ses unités de veiller à son application sur tout le territoire. Cependant, Aboubacar Demba Dansoko, un des responsables du RPG Arc-en-ciel, a exprimé ses préoccupations, remettant en cause la légalité et la procédure entourant cette suspension.
Dans une interview accordée à notre rédaction ce mardi 1er avril 2025, Aboubacar Demba Dansoko a souligné plusieurs points qu’il juge essentiels avant l’application de cette décision. Pour lui, le haut commandement de la Gendarmerie nationale devrait d’abord s’assurer que la décision du MATD a bien été notifiée administrativement à tous les partis politiques concernés. « À ma connaissance, le RPG n’a reçu aucune notification officielle concernant cette décision », a-t-il précisé.
Il a ensuite insisté sur la nécessité d’examiner le lien juridique de la suspension, soulignant que les partis politiques ne sont pas des organisations criminelles ou des bandes de hors-la-loi. Selon lui, les partis légalement constitués sont sous la tutelle du Ministère de l’Administration du Territoire et non sous celle de la Gendarmerie. « Les partis politiques sérieux, comme le nôtre, ne comprennent pas pourquoi des partis sans véritable existence sur le terrain ont été autorisés à exercer, tandis que des partis représentant plus de 90% de l’électorat sont suspendus ou sous observation », a ajouté Aboubacar Demba Dansoko.
L’homme politique estime également que le haut commandement de la Gendarmerie nationale ne devrait pas être impliqué dans cette affaire pour l’instant. Il appelle à un dialogue entre le MATD et les partis politiques concernés pour clarifier la légalité de la décision. « Un État a besoin de sa classe politique. Le peuple de Guinée doit se poser des questions sur l’attitude du CNRD vis-à-vis des partis politiques. Le CNRD doit respecter les militants des partis existants », a-t-il dénoncé.
Enfin, Aboubacar Demba Dansoko a rappelé que les partis politiques sérieux ont l’obligation de demander des comptes au CNRD sur la mise en œuvre de la charte de la transition, notamment la durée de validité de ce texte élaboré sans concertation. Il a également évoqué la feuille de route des dix (10) points adoptée par le CNRD, en soulignant l’importance de connaître les avancées réelles sur ce dossier. Il a conclu en réaffirmant que le RPG Arc-en-ciel reste conforme à ses textes fondateurs et qu’un congrès en vue du renouvellement des structures du parti est en préparation. Il a par ailleurs réaffirmé que le Président Professeur Alpha Condé demeure le président du RPG.
Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes, où la question de la légitimité et du respect des procédures administratives est au cœur des débats. Les prochains mois pourraient être déterminants pour la stabilité politique en Guinée.
Aïssata SYLLA



