Une manifestation a eu lieu ce mercredi 2 avril 2025, au Palais du Peuple, siège du parlement, où plusieurs travailleurs ont exprimé leur mécontentement face à une décision récemment prise par le secrétaire général de l’administration du Conseil National de Transition (CNT).
Cette décision, publiée la veille, concerne l’organisation d’un test général d’évaluation destiné au personnel parlementaire.
Ismaël Gassim Kalissa, secrétaire général du bureau syndical de l’administration parlementaire, a dénoncé cette initiative, qu’il considère comme un prétexte pour réduire le nombre de travailleurs au sein de l’institution. Selon lui, l’argument avancé par l’administration pour justifier cette évaluation repose sur un « nombre pléthorique » de salariés, une justification qu’il juge inacceptable. « Le contenu de cette décision, ainsi que l’argumentaire, sous-entend que l’objectif est de mettre fin à la relation de travail avec certains fonctionnaires parlementaires, au prétexte qu’ils ne seraient pas dans les prédispositions requises », a-t-il expliqué. Pour le syndicaliste, cette démarche est perçue comme une tentative de renvoyer des travailleurs ayant acquis des droits après de longues années de service.

Si le bureau syndical n’est pas opposé à l’idée d’une évaluation des fonctionnaires parlementaires, il estime cependant que celle-ci devrait viser à corriger les insuffisances, et non à précipiter la fin des relations de travail. « Nous sommes pour le principe de l’évaluation, mais celle-ci doit viser à améliorer la situation des travailleurs, pas à les rejeter comme des indésirables », a précisé Kalissa. Le bureau syndical a d’ailleurs été reçu par le secrétaire général le soir précédent la manifestation, afin de discuter de la motivation de cette décision. Lors de cette rencontre, il a été réaffirmé que les syndicats restent ouverts à la négociation et à la recherche d’une solution équilibrée.
Outre la question de l’évaluation, Ismaël Gassim Kalissa a également mis en lumière un autre problème qui, selon lui, alimente le mécontentement des travailleurs : les primes détournées depuis 2014. Grâce au système Fugaz, un audit interne a permis de découvrir que les travailleurs du parlement ont été privés d’une partie de leurs primes, qui auraient dû s’élever à 6 millions, mais qu’ils ne recevaient en réalité que 1,5 million. Le syndicaliste souligne que, malgré l’instauration d’une commission d’enquête par le président pour rétablir les droits des travailleurs, les avancées sur ce dossier semblent être bloquées. « Cela fait deux mois que la commission travaille, mais les travailleurs estiment qu’elle est corrompue et qu’elle ne rétablira jamais leurs droits », a-t-il ajouté.
Le secrétaire général du bureau syndical a également déploré l’augmentation du nombre de fonctionnaires parlementaires, qu’il juge responsable de la prétendue « pléthore » au sein de l’institution. « Avant l’arrivée de certaines réformes, nous étions environ 550 travailleurs. Aujourd’hui, nous dépassons les 2 000, ce qui a créé une situation d’inefficacité et de confusion », a-t-il conclu.
La situation reste tendue et les travailleurs parlementaires se disent déterminés à poursuivre leurs démarches pour faire valoir leurs droits et éviter des mesures qu’ils jugent abusives.
Aissata SYLLA pour webguinee24.info






