Le procès d’Aliou Bah, poursuivi pour “offense et diffamation contre le Chef de l’État par le biais d’un système informatique”, a repris pour une deuxième journée d’audience devant la Chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Conakry ce mercredi 9 avril 2025.
Cette séance a été marquée par des demandes divergentes concernant la gestion de la médiatisation du procès et l’éventualité d’un huis-clos.
Le procureur général, Fallou Doumbouya, a formulé une demande de huis-clos, invoquant la nécessité d’assurer la sérénité des débats. Selon lui, l’enregistrement des échanges en cours et leur diffusion sur les réseaux sociaux, comme cela avait été observé lors de la première audience, perturbe le bon déroulement du procès. Il a également fait remarquer qu’un représentant du ministère public avait été attaqué à la suite de ces fuites d’informations.
Cependant, cette demande a rapidement été rejetée par les avocats de la défense, qui ont vivement contesté la mesure. Selon eux, la demande de huis-clos est injustifiée, d’autant plus qu’un procès portant sur l’offense au Chef de l’État n’a jamais été tenu à huis-clos. “C’est une demande de trop. Qu’est-ce qu’il cache ? Si des spéculations circulent sur les réseaux sociaux, c’est de leur faute. Si le représentant du ministère public avait suivi notre demande de médiatisation, cela n’aurait pas eu lieu. De quoi a-t-il peur ?”, ont réagi les avocats, insistant sur le fait qu’il n’existe aucun risque pour l’ordre public. Ils ont par ailleurs exigé la médiatisation du procès pour garantir sa transparence et éviter toute suspicion.
Finalement, après un examen des arguments, la Cour a rejeté les deux demandes : celle du procureur général pour un huis-clos et celle de la défense pour la médiatisation. Le procès a été renvoyé au 16 avril pour la suite des débats, et la possibilité d’entendre des réquisitions et des plaidoiries a été évoquée.
Ce rejet laisse présager un procès suivi de près par l’opinion publique, avec des questions de transparence et de liberté d’information qui continuent de diviser les parties impliquées.
Aissata SYLLA



