Salif Camara, secrétaire général du Front Syndical pour la Protection des Enseignants (FSPE), a été arrêté jeudi dernier et placé en détention à la maison centrale de Conakry. Cette interpellation fait suite à un différend avec un responsable de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG-USTG), qui a conduit au dépôt d’une plainte à son encontre.
En réaction à cette situation, le Directeur Communal de l’Éducation (DCE) de Matoto, Sékou Kaba, est intervenu publiquement ce mardi 22 avril 2025. Il a exprimé ses regrets et a demandé pardon au nom de l’administration éducative locale, plaidant pour la libération de M. Camara, également directeur général de l’école primaire Hadja Aïcha Bah.
« Je parle ici non pas en tant que syndicaliste, mais en tant que directeur communal de l’éducation. M. Salif Camara est un cadre de notre direction, en charge d’une école regroupant plus de 60 enseignants et près de 3 000 élèves. Il est essentiel pour la stabilité de cet établissement. J’appelle à une solution à l’amiable plutôt qu’à une procédure judiciaire », a déclaré Sékou Kaba, manifestement préoccupé par le bon fonctionnement de l’école.
Face à cette situation, le DCE a été contraint de confier la direction de l’établissement à l’adjoint de M. Camara, dans le souci d’assurer la continuité pédagogique.
Poursuivant son plaidoyer, M. Kaba a lancé un appel solennel aux responsables syndicaux pour le retrait de la plainte, encourageant le dialogue et la médiation.
« Je demande humblement à ce que cette plainte soit retirée, pour ouvrir la voie à une assise syndicale pacifique. J’en appelle à la sagesse de M. Amadou Diallo, une figure respectée du syndicalisme guinéen, et invite les autres organisations syndicales, comme le SNE et le SLECG, à se joindre à cette démarche pour éviter toute escalade », a-t-il déclaré.
Initialement prévu ce mardi, le procès de Salif Camara devant le Tribunal de Première Instance (TPI) de Mafanco a finalement été reporté à une date ultérieure.
Aïssata SYLLA



