Le tribunal de première instance de Mafanco a accueilli ce jeudi 24 avril 2025, la comparution de Salifou Camara, secrétaire général du FSPE (Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation) et directeur général de l’école primaire Hadja Aicha Bah. L’enseignant, âgé de 45 ans, est poursuivi pour injures et diffamation par Tidiane Sylla, époux de la syndicaliste Hadja Saran Fofana.
En détention préventive depuis le 17 avril 2025 à la maison centrale de Conakry, Salifou Camara a reconnu les faits à la barre. Avec une posture empreinte de remords, il a présenté ses excuses, expliquant les démarches entreprises pour tenter une conciliation à l’amiable : « Nous avons rencontré le Kountigui de la Basse Côte, le premier imam de Guinée. Ma propre mère est allée demander pardon à madame Saran, en posant ses pieds à terre devant elle », a-t-il déclaré.
Il a également raconté l’incident ayant déclenché la plainte : une conversation téléphonique involontairement restée active, durant laquelle il aurait tenu des propos déplacés avec son épouse à l’encontre de Hadja Saran. L’enregistrement de cet échange a été récupéré par cette dernière, qui s’est dite choquée par les propos entendus.
Lors de l’audience, le prévenu a également admis avoir traité le mari de la plaignante de « chien », l’accusant de se soumettre à sa femme. Une déclaration que la procureure a vivement dénoncée, estimant que les excuses de M. Camara ne sauraient effacer la gravité des faits : « Vous n’avez pas agi en homme. Vos excuses ne viennent qu’après avoir commis l’irréparable », a-t-elle lancé.
La partie civile, représentée par Me Sylla, a elle aussi critiqué avec fermeté le comportement du prévenu : « Vous êtes éducateur. Vous devriez peser vos mots. Sur les réseaux sociaux, vos camarades continuent de diffamer madame Sylla », a-t-il dénoncé.
De son côté, Tidiane Sylla a exprimé son indignation, rappelant que c’est lui-même qui avait présenté Salifou Camara à son épouse à des fins professionnelles. « Ce monsieur doit comprendre que la loi existe. Ce n’est pas parce qu’on est éducateur qu’on peut tout se permettre », a-t-il ajouté. Malgré cela, le plaignant a déclaré accepter les excuses du prévenu.
La procureure a requis trois mois d’emprisonnement assortis de sursis, ainsi qu’une amende d’un million de francs guinéens. La défense, quant à elle, a plaidé pour la clémence, mettant en avant le repentir de l’accusé et son statut d’éducateur modèle jusque-là irréprochable.
Avant la clôture de l’audience, Salifou Camara a une fois de plus exprimé ses regrets : « Je remercie Dieu pour m’avoir permis de vivre cette épreuve. Ces sept jours en prison m’ont ouvert les yeux. Je demande pardon à monsieur Sylla et à sa femme. »
Le verdict du tribunal est attendu le 8 mai prochain.
Aissata SYLLA



