Le verdict dans l’affaire opposant l’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Dr Ibrahima Kourouma, et son co-accusé Mohamed V. Sankhon, n’a finalement pas été prononcé ce mercredi à la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). En cause : un boycott des audiences par les avocats, motivé par le retard injustifié des magistrats.
Me Faya Gabriel Kamano, membre du barreau de Guinée et conseiller de l’ordre, a exprimé son indignation face à cette situation, qu’il qualifie de « manque de respect ». Selon lui, les avocats étaient présents dès 9h, conformément à l’heure prévue pour l’ouverture de l’audience. « Les prévenus étaient également dans la salle. Mais à midi passé, aucun magistrat ne s’était présenté et aucune explication ne nous a été fournie », a-t-il déploré.
Face à ce silence de la cour, les avocats ont décidé de quitter les lieux. Me Kamano souligne que ce n’est pas aux avocats de s’enquérir des raisons du retard : « Par courtoisie, il revient à la cour de nous informer de tout contretemps. Si un impératif modifie le calendrier, les parties doivent en être informées, ne serait-ce que par l’intermédiaire d’un greffier. »
Il dénonce également la récurrence de ce type de situation, qu’il considère préjudiciable pour les parties et les défenseurs : « Ce n’est pas la première fois que cela se produit. Nous avons des obligations ailleurs, et ce genre de retard désorganise complètement notre emploi du temps. »
L’avocat appelle donc les magistrats de la CRIEF à davantage de rigueur et au respect des horaires d’audience. « Nous demandons simplement que les audiences commencent à l’heure. Nous, avocats, avons souvent plusieurs audiences dans différentes juridictions en une journée. Le non-respect des horaires affecte notre travail et celui des autres juridictions. »
Au total, cinq dossiers étaient inscrits au rôle ce mercredi à la CRIEF. En attendant une nouvelle date pour le verdict, Dr Ibrahima Kourouma a regagné sa cellule.
Aïssata SYLLA



