Pour la première fois de son histoire, la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) est confrontée à une crise sans précédent. À partir du mardi 27 mai 2025, une grève générale paralysant ses services sera déclenchée par la Délégation Syndicale des travailleurs, en réponse à une dégradation progressive et alarmante de la gouvernance au sein de l’institution. Selon une copie dont dispose nos confrères du site inquisiteur.
Depuis près de quatre ans, la BCRG connaît une gestion chaotique marquée par une opacité administrative croissante, des retards récurrents dans le paiement des salaires, ainsi que des scandales majeurs liés à la disparition de plusieurs tonnes d’or et à des transferts de devises controversés. Cette situation, amplifiée par le contexte politique lié à la prise de pouvoir du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), n’a jusqu’à présent donné lieu à aucune réaction significative des autorités, malgré des soupçons pesant sur certains membres du CNRD.
Les revendications des agents de la Banque Centrale sont nombreuses et concernent principalement :
• Le retard chronique du paiement des salaires, avec un non-respect systématique de la date butoir du 25 de chaque mois ;
• Une gestion jugée opaque et un manque de transparence administrative ;
• La centralisation excessive des budgets au siège, entraînant la déstructuration des agences régionales ;
• La suppression injustifiée de primes statutaires, notamment les primes de suggestion et d’intérim ;
• Le blocage des avancements automatiques, avec les promotions dues depuis 2022 et 2023 toujours en suspens ;
• L’absence de formation et de renforcement des capacités du personnel ;
• La révision unilatérale des avantages financiers, provoquant une déconnexion entre primes et points indiciaires ;
• L’absence de gouvernance relative à la retraite complémentaire, en particulier la non-création d’un comité de gestion dédié.
Face à ce contexte délétère, la direction de la BCRG, sous la gouvernance de Karamo Kaba, semble accueillir sans opposition ce mouvement social. Un service minimum a d’ores et déjà été mis en place afin d’assurer la continuité des opérations durant la grève.
Ce mouvement constitue un tournant majeur pour la BCRG, soulignant l’urgence de réformes profondes et la nécessité d’une gouvernance transparente et responsable. La crédibilité de cette institution clé de l’économie guinéenne est en jeu, tout comme la confiance des acteurs économiques nationaux et internationaux.
La grève se poursuivra jusqu’à la satisfaction complète des revendications formulées par le personnel.
Attendons de voir la suite !
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