Conakry, 8 juillet 2025 — Cela fait un an jour pour jour que deux figures emblématiques de la société civile guinéenne, Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, et Billo Bah, ont disparu après avoir été arrêtés par les forces de sécurité. Dans une lettre ouverte poignante, publiée ce lundi, leurs épouses brisent le silence et interpellent la conscience collective. Elles appellent à leur libération immédiate et dénoncent un supplice quotidien infligé à leurs familles depuis le 9 juillet 2024.
« Aujourd’hui, nous appelons, nous supplions, nous exigeons : libérez-les. Non pas demain, pas après un autre silence. Mais aujourd’hui. »
Une disparition sans explication, un an d’attente et de douleur
Dans leur missive, Hawa Djan Doukouré, épouse de Foniké Menguè, et Assiatou Bah, épouse de Billo Bah, rappellent les circonstances de cette tragédie. Selon elles, leurs maris ont été « arrachés sans motif, sans explication, par la junte militaire », plongeant leurs familles dans la détresse et l’incertitude.
« Chaque jour est un supplice pour nos familles. Chaque nuit est une torture pour nos enfants. Le silence des autorités judiciaires autour de leur disparition est aussi assourdissant que notre douleur », écrivent-elles, dénonçant une enquête jamais ouverte malgré les promesses initiales des autorités.
Elles insistent sur la dimension humaine de cette affaire, au-delà des figures publiques : « Ce ne sont pas seulement deux hommes qui ont été privés de liberté. Ce sont deux pères, deux fils, deux frères, deux âmes lumineuses dont le seul tort est d’avoir aimé la vérité plus que le confort du silence. »
Un appel à la justice, à l’humanité
Les signataires rejettent catégoriquement l’idée de se résigner : « Nous, leurs épouses, refusons de nous taire. Derrière chaque cellule froide, il y a une femme qui pleure. Derrière chaque cri étouffé, il y a des enfants qui attendent leur papa. »
Elles en appellent à la conscience des gouvernants, à la société civile, aux défenseurs des droits humains et aux partenaires internationaux pour « porter ce cri plus haut et plus fort, afin que la lumière revienne là où l’obscurité s’installe ».
Dans une interpellation particulièrement symbolique, elles s’adressent également aux épouses des membres du CNRD et à la Première dame Lauréanne Doumbouya. « Qui mieux qu’une épouse peut ressentir la douleur d’un mari arraché à l’affection des siens ? », demandent-elles, en l’invitant à plaider pour la libération des deux militants.
Un avertissement sur les risques pour la nation
À travers leur lettre, Hawa Djan Doukouré et Assiatou Bah rappellent que la Guinée elle-même est en jeu dans cette affaire : « Car aucune nation ne grandit en écrasant ses consciences. Et aucun pouvoir ne dure quand il est bâti sur les larmes d’innocents. »
Elles concluent leur message par une mise en garde et un espoir : « Une année de trop, ça suffit, maintenant ! Nos enfants attendent leur père. Nous attendons nos maris. Et la Guinée attend de retrouver son âme. »
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