En novembre 2022, j’ai eu l’honneur de mener une enquête exclusive pour le compte de la Maison des Associations et ONG de Guinée (MAOG). Cette mission avait un objectif clair : alerter les autorités compétentes sur l’émergence inquiétante d’une nouvelle drogue destructrice, la Kush, et appeler à des mesures préventives pour protéger la jeunesse guinéenne des dérives irréversibles qu’elle entraîne.
Deux ans plus tard, le constat est toujours alarmant. La Kush, cette drogue de synthèse bon marché, ravage nos quartiers, détruit des vies, sème la folie et endeuille des familles à un rythme insoutenable. Des jeunes perdus, des parents impuissants et endeuillés. C’est une véritable bombe sociale à retardement.
J’en appelle une fois encore au sens de responsabilité des autorités nationales, afin qu’elles redoublent d’efforts pour éradiquer ce fléau et protéger notre avenir commun. Car il ne s’agit plus simplement d’un problème de sécurité ou de santé publique, mais d’un péril existentiel pour toute la jeunesse.
Après une analyse approfondie de la situation, je recommande vivement les mesures ci-après :
1. Création d’une task-force nationale antidrogue:
• Composée de représentants des ministères de la Sécurité, de la Santé, de la Jeunesse, de la Justice, et de la Société civile.
• Mandatée pour coordonner les efforts de lutte contre la drogue Kush à l’échelle nationale.
2. Planification des Campagnes massives de sensibilisation communautaire
• Utiliser les radios rurales, les réseaux sociaux, les écoles et les mosquées pour éduquer les jeunes et les familles sur les dangers de la Kush.
• Impliquer les influenceurs et les artistes pour toucher la jeunesse de manière crédible.
3. Renforcement du contrôle aux frontières et dans les débarcadères.
• Coopération régionale avec les pays voisins surtout la Sierra Leone 🇸🇱 pour bloquer les circuits d’entrée de la Kush.
• Dotation des services douaniers en moyens technologiques de détection.
4. Réhabilitation des jeunes consommateurs.
• Création de centres spécialisés de désintoxication et d’accompagnement psychologique.
• Intégration des ex-toxicomanes dans des programmes de réinsertion socio-professionnelle.
5. Répression ciblée des réseaux de trafic
• Enquêtes approfondies pour identifier les fournisseurs, distributeurs et complices.
• Procédures judiciaires exemplaires pour dissuader tout réseau mafieux.
6. Appui aux familles et communautés touchées
• Assistance psychosociale aux familles ayant des enfants victimes.
• Formation de comités locaux de vigilance contre la drogue.
La lutte contre la Kush ne peut réussir sans une mobilisation collective. L’État, la société civile, les médias, les familles, chacun a un rôle à jouer. Il est encore temps d’agir. Mais chaque jour de silence ou d’inaction coûte des vies.
Alpha BAYO
Acteur de la Société Civile
Défenseur des Droits de l’Homme


