Le 21 septembre 2025, les Guinéens sont appelés aux urnes pour se prononcer sur le projet de nouvelle Constitution. À l’approche de ce scrutin majeur, Mohamed Chérif, président de l’Alliance pour une Nouvelle Constitution (ANC), a accordé une interview à notre rédaction ce jeudi 24 juillet. À cette occasion, il a exposé les principales raisons pour lesquelles, selon lui, un vote favorable s’impose.
« Vous constaterez que ce projet de Constitution apporte un renforcement de l’État de droit et de la stabilité institutionnelle. L’une des grandes innovations, c’est l’instauration d’un parlement bicaméral, avec la création d’une Assemblée nationale et d’un Sénat. Ces institutions auront désormais un rôle dans l’analyse des textes et participeront à certaines nominations. Cela permet d’équilibrer le pouvoir et de limiter les décisions unilatérales du président de la République », explique-t-il.
Parmi les autres avancées qu’il salue, Mohamed Chérif souligne l’introduction de la Haute Cour de justice, appelée ici Cour spéciale de justice de la République. « C’est une institution longtemps souhaitée, mais jamais concrétisée dans les constitutions antérieures. Elle favorisera une justice équitable à tous les niveaux et contribuera à la stabilité du pays », ajoute-t-il.
Autre changement notable, la durée du mandat présidentiel passe de 5 à 7 ans. Pour Mohamed Chérif, cette mesure permettra aux élus de mettre en œuvre leurs projets dans de meilleures conditions. « Cela favorisera une gouvernance stable et évitera les blocages qui empêchent parfois d’atteindre les objectifs programmés. »
Le président de l’ANC met aussi en avant les progrès en matière de participation des femmes et des citoyens à la vie politique.
« Le projet prévoit un quota de 30 % pour les femmes aux postes électifs, ce qui est une excellente avancée. C’est une reconnaissance du rôle que joue la femme guinéenne dans notre société. D’ailleurs, nous avons déjà une femme à la tête de la Direction Générale des Élections, ce qui est encourageant. »
Il salue également l’introduction du droit de pétition citoyenne, qui permet aux citoyens, sous conditions, de proposer des lois. « C’est une nouveauté importante : cela renforce la démocratie participative et donne une voix directe au peuple dans le processus législatif. »
Autre innovation majeure, selon lui : la possibilité pour des candidats indépendants de se présenter à toutes les élections. « C’est une avancée pour la société civile. Tous les citoyens remplissant les conditions requises pourront désormais briguer des postes de responsabilité sans passer par un parti politique. »
Pour Mohamed Chérif, cette nouvelle Constitution est un levier vers une Guinée plus démocratique, plus juste et plus stable. Il insiste sur l’importance de voter “Oui” le 21 septembre :« La bonne gouvernance est renforcée, la transparence exigée, et les sanctions prévues contre les cadres défaillants. Il y a donc plusieurs raisons d’adhérer à ce projet et de le vulgariser auprès des populations. »
En conclusion, il exhorte l’ensemble des Guinéens à participer massivement au vote « Nous invitons toutes les populations à s’inscrire dans cette dynamique. Le vote du “Oui” est la seule voie pour un retour apaisé à l’ordre constitutionnel. Le “Non” ne ferait que prolonger la transition. Nous pensons que ce projet mérite d’être soutenu pour permettre à la Guinée d’entrer dans une nouvelle ère démocratique. »
Entretien réalisé par
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



