Le 25 août 1958 demeure une date charnière de l’histoire contemporaine de la Guinée et de l’Afrique. Ce jour-là, à Conakry, le président français Charles de Gaulle effectue une visite dans le cadre de sa tournée africaine pour présenter le projet de « Communauté française », une formule qui visait à maintenir les colonies dans l’orbite de la métropole après l’ère coloniale.
Face à lui, un jeune leader guinéen, Ahmed Sékou Touré, alors secrétaire général du Parti Démocratique de Guinée (PDG), osa prononcer une phrase qui résonne encore dans les mémoires :
« Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage. »
À travers cette déclaration historique, la Guinée devint le premier pays africain à rejeter la proposition de la France et à choisir la voie de l’indépendance totale. Ce refus fut sanctionné dès le 28 septembre 1958 par un référendum au cours duquel le peuple guinéen vota massivement « non » au projet constitutionnel proposé par Paris. Quelques semaines plus tard, le 2 octobre 1958, la Guinée proclama son indépendance, ouvrant ainsi la voie à d’autres nations africaines dans leur marche vers la souveraineté.
Cet acte de courage politique valut à Sékou Touré une place singulière dans l’histoire de la lutte anticoloniale. Il fut aussi à l’origine d’une rupture brutale entre Conakry et Paris : la France retira immédiatement ses cadres, ses soutiens techniques et même ses équipements administratifs. Malgré ces difficultés, la Guinée choisit de bâtir son avenir par ses propres moyens, marquant l’un des moments les plus emblématiques du panafricanisme et de la résistance à la domination coloniale.
Soixante-sept ans après, le « Non » de Conakry reste un symbole de dignité, de souveraineté et d’émancipation pour l’Afrique tout entière.
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