À l’annonce officielle de la rentrée scolaire 2025-2026, fixée au 15 septembre prochain par le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, le Syndicat National de l’Éducation (SNE) a réagi avec prudence. Son secrétaire général, Michel Pépé Balamou, appelle les autorités à privilégier une démarche concertée et réaliste afin de garantir une reprise des cours réussie et apaisée.
La nécessité d’une large concertation
Le SNE reconnaît que la fixation du calendrier scolaire relève de la compétence du gouvernement. Toutefois, il insiste sur l’importance d’associer toutes les parties prenantes du secteur éducatif — syndicats, associations de parents d’élèves, société civile et experts — afin de concilier impératifs pédagogiques, organisationnels et sociaux.
Des inquiétudes sur le calendrier scolaire
Deux préoccupations majeures guident la réflexion du syndicat.
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Durée des cours jugée insuffisante : avec seulement huit mois effectifs d’enseignement, l’année scolaire actuelle ne répond pas aux standards internationaux. Le SNE propose deux alternatives : soit démarrer en septembre pour finir en juin, soit commencer en octobre et clore en juillet.
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Des vacances trop longues : les trois mois d’interruption sont considérés comme nuisibles à la continuité pédagogique. Le syndicat rappelle qu’ailleurs dans la sous-région, les vacances n’excèdent pas deux mois.
Des obstacles persistants
Pour le SNE, plusieurs difficultés rendent difficile la mise en œuvre de la date annoncée :
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l’absence de budget opérationnel pour les services éducatifs déconcentrés ;
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la crise économique qui fragilise les ménages et complique l’achat des fournitures scolaires ;
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un contexte politique tendu avec le référendum du 21 septembre, source potentielle d’insécurité ;
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des problèmes structurels non résolus, notamment le retard de paiement des enseignants, la non-régularisation des contractuels, ou encore le manque d’acheminement du matériel pédagogique.
Les recommandations du syndicat
Fidèle à sa mission de veille et de proposition, le SNE formule plusieurs recommandations pour assainir le climat éducatif :
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renforcer la communication sur les enjeux du nouveau calendrier scolaire ;
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libérer à temps les budgets destinés à la préparation de la rentrée ;
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assurer la distribution des fournitures dans toutes les préfectures ;
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régulariser la situation salariale et administrative des enseignants, y compris contractuels et retraités ;
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réviser le décret n°D/2024/0269 pour rétablir l’équité des primes avec d’autres départements ministériels.
Pour une rentrée apaisée et équitable
En conclusion, le secrétaire général du SNE souligne que la réussite de l’année scolaire 2025-2026 dépendra de l’engagement sincère et coordonné de tous les acteurs. « L’école guinéenne a besoin de réformes profondes, mais surtout d’un climat stable, juste et équitable pour offrir une éducation de qualité à tous les enfants », a affirmé Michel Pépé Balamou.
Aïssata SYLLA



