Seize ans après les tragiques événements du 28 septembre 2009, les plaies restent encore ouvertes, mais l’espoir renaît pour les victimes et leurs familles. À l’occasion de cette commémoration, l’Association des Femmes et Filles Violées du 28 Septembre 2009 (AFFV) a tenu à rappeler la portée historique du procès ouvert en 2022, tout en exhortant les autorités à aller au bout du processus judiciaire.
Dans une déclaration rendue publique ce 07 octobre 2025, le coordinateur de l’association, Mamadou Bailo Bah, a salué « une avancée majeure et symbolique » dans la lutte contre l’impunité, après la condamnation d’un ancien chef d’État, de ministres et de hauts responsables militaires pour crimes contre l’humanité.
« C’est une première historique en Guinée. Pour la première fois, la justice nationale a reconnu officiellement les souffrances des victimes », a-t-il souligné.
Le responsable de l’AFFV a également adressé ses félicitations à l’État guinéen et au Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, pour avoir permis la tenue de ce procès emblématique, avant de rappeler que « le combat n’est pas encore terminé ».
Un appel à l’indemnisation complète des victimes
L’association a insisté sur la nécessité de parachever le travail de justice, notamment à travers l’indemnisation effective de toutes les victimes, conformément à la décision judiciaire du 31 juillet 2024.
Si certaines ont déjà commencé à recevoir leurs compensations, « des dizaines d’autres attendent toujours », ce qui, selon l’AFFV, « suscite frustration et incompréhension ».
Inquiétudes autour de la libération de Moussa Dadis Camara
L’organisation a par ailleurs exprimé sa « vive inquiétude » suite à la libération récente de Moussa Dadis Camara, condamné pour crimes contre l’humanité.
« Cette décision, incomprise par de nombreuses victimes, ravive les blessures et soulève des craintes de représailles », a dénoncé Mamadou Bailo Bah, appelant à l’application stricte de la loi sur la protection des victimes et témoins.
L’AFFV réaffirme ainsi son engagement pour que la vérité éclate, que la justice soit effective et que de tels crimes ne se reproduisent plus jamais.
« Nous croyons en une Guinée réconciliée avec elle-même, fondée sur la vérité, la justice et le vivre-ensemble », a conclu le coordinateur.
La présidente de l’AFFV salue la démarche du président Doumbouya
De son côté, la présidente de l’association, Ami Diop, a adressé une lettre de remerciements au Président Mamadi Doumbouya, saluant « son sens de la justice et de la solidarité ».
Elle a exprimé sa reconnaissance pour l’indemnisation des victimes du massacre du 28 septembre, tout en rendant hommage au leadership du chef de l’État.
« Votre engagement à apporter justice et réparation aux victimes est une marque de reconnaissance et d’humanité », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter :
« La grâce accordée à l’ancien président de la transition, le capitaine Moussa Dadis Camara, traduit votre volonté de promouvoir la réconciliation et la paix dans une Guinée unie et prospère. »
Mme Diop conclut son message par un appel à la cohésion nationale et à la poursuite des efforts pour « bâtir un avenir meilleur » pour la nation guinéenne.
Aïssata SYLLA



