L’Inspection générale du Travail (IGT) de Guinée a dévoilé, ce mercredi 8 octobre 2025, le lancement d’une opération nationale de contrôle visant à vérifier la conformité des entreprises avec la législation en vigueur. Cette campagne, qui se déroulera du 10 octobre au 10 novembre 2025, concernera plusieurs secteurs stratégiques, dont les banques, les assurances, la microfinance, la monnaie électronique, les établissements publics à caractère administratif (EPA) et les télécommunications.
Lors d’une conférence de presse, Mohamed Ouattara, Inspecteur général du Travail, a indiqué que cette initiative vise à renforcer la régulation du marché de l’emploi et à garantir la protection des travailleurs.
« Les entreprises comptant au moins 25 employés doivent élire leurs délégués syndicaux. Tous les registres et documents administratifs — tels que le registre de l’employeur, les procès-verbaux du comité santé, sécurité et environnement, ainsi que les contrats de travail — doivent être à jour », a-t-il précisé.
Mise en garde contre les abus
Dans son intervention, le responsable a rappelé que la relation de travail repose sur un lien de subordination, principe central du droit du travail.
« En cas de flou juridique, la loi s’interprète toujours en faveur du salarié, considéré comme la partie la plus vulnérable », a-t-il souligné.
Il a également dénoncé les dérives liées aux stages à durée indéterminée, souvent utilisés comme moyen de contournement des contrats formels :
« Lorsqu’une personne reste en stage pendant plusieurs années, il ne s’agit plus d’un apprentissage, mais d’un emploi déguisé. Toute personne exécutant des ordres de manière continue doit bénéficier d’un contrat à durée indéterminée (CDI). »
Ciblage des sociétés de placement et des travailleurs étrangers
Parmi les priorités de cette campagne figurent le recours abusif aux sociétés de placement et le non-respect de la réglementation sur les travailleurs étrangers.
« Nous allons examiner de près la chaîne d’emploi dans le secteur des sociétés de placement. Chacune d’elles doit disposer d’un agrément valide pour exercer », a précisé M. Ouattara.
« Quant aux non-nationaux, leur durée d’emploi est limitée à deux ans, renouvelable une seule fois, conformément à la loi », a-t-il ajouté.
Coopération et rigueur
Appelant à une collaboration ouverte entre employeurs et inspecteurs, le patron de l’IGT a tenu à prévenir contre toute tentative d’entrave :
« Les inspecteurs ne viennent pas pour punir mais pour accompagner. Cependant, toute forme de dissimulation ou de résistance fera l’objet de sanctions. La tolérance zéro s’appliquera à toutes les infractions. »
Une démarche à la fois préventive et corrective
Selon Mohamed Ouattara, l’objectif de l’opération est autant pédagogique que coercitif :
« Nous procéderons à des contrôles, mais aussi à des diagnostics et à des mesures d’accompagnement. Là où cela s’imposera, des mises en conformité seront exigées, voire des sanctions prononcées. »
Cette campagne de l’Inspection générale du Travail marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités guinéennes de moraliser les relations professionnelles et de promouvoir un environnement de travail plus juste et réglementé sur l’ensemble du territoire.
Aïssata SYLLA




