La tension reste palpable au sein du corps enseignant. Le Secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, s’est exprimé ce 5 novembre 2025 sur la situation des enseignants contractuels et l’évolution des discussions entre l’intersyndicat de l’éducation et le gouvernement guinéen.
D’après lui, une rencontre s’est tenue le mardi 4 novembre entre le Premier ministre Amadou Oury Bah et les représentants de l’intersyndicat regroupant le FSP, le SLECG et le SNE. Objectif : faire le point sur le mémorandum transmis aux autorités depuis le 1er septembre dernier. Les échanges ont notamment porté sur la signature du statut particulier des personnels de l’éducation, dont l’application tarde à se concrétiser.
« Nous avons proposé une version révisée du statut particulier afin d’améliorer le régime statutaire et indemnitaire des enseignants. Cette démarche vise à valoriser la profession et à reconnaître la difficulté de notre métier », a déclaré Michel Pépé Balamou.
Cependant, malgré deux séances de travail tenues avec le ministère du Travail et de la Fonction publique, aucune avancée notable n’a été enregistrée, déplore le syndicaliste. Les organisations syndicales réclament entre autres la révision du statut particulier, l’intégration des enseignants contractuels à la fonction publique, la rétrocession des primes suspendues, ainsi que la régularisation des salaires impayés.
Souhaitant éviter toute confrontation, le SNE réaffirme sa volonté de privilégier la concertation :
« Nous avons choisi la voie du dialogue et de la paix. Personne ne souhaite revivre les tensions sociales d’antan. Mais si aucune solution n’est trouvée d’ici le 15 novembre, les enseignants décideront collectivement de la suite à donner », a averti M. Balamou.
À l’approche de la présidentielle, le leader syndical a également appelé les autorités à préserver la stabilité dans les écoles, estimant qu’une crise dans le secteur éducatif pourrait fragiliser la paix sociale.
Il a par ailleurs rappelé que les enseignants représentent près de la moitié de la fonction publique, soulignant l’urgence d’un dénouement pacifique :
« Nous ne cherchons pas la confrontation, mais si le gouvernement reste silencieux, nous userons de notre droit légal de grève. Toutes les voies du dialogue ont été explorées », a-t-il conclu.
L’intersyndicat attend désormais une réponse claire du gouvernement avant le 15 novembre, sans quoi un mouvement de grève pourrait de nouveau perturber le système éducatif guinéen.
— Aïssata Sylla



