Le Tribunal de première instance de Dixinn a examiné, ce lundi 24 novembre 2025, le dossier du chauffeur Oumar Keïta, impliqué dans l’incident qui a semé la panique une semaine plus tôt à Kaloum. Poursuivi pour refus d’obtempérer, rébellion et mise en danger de la vie d’autrui, il encourt deux ans de prison ferme, peine requise par le parquet. Le jugement sera rendu le 1er décembre prochain.
L’affaire remonte au 17 novembre. Ce jour-là, aux abords du pont 8 Novembre, des tirs effectués par un gendarme pour immobiliser un véhicule avaient suscité une vive inquiétude dans le quartier administratif. Le conducteur visé était Oumar Keïta, qui, selon les forces de l’ordre, aurait ignoré plusieurs sommations lors d’un contrôle routier.
À la barre, le prévenu a rejeté ces accusations. Il dit avoir paniqué après une première fouille qualifiée de « satisfaisante », avant qu’un autre agent ne surgisse brusquement. Convaincu que l’arme qui se trouvait dans les mains du gendarme était dirigée vers lui, il aurait accéléré pour s’éloigner, assurant n’avoir eu aucune intention de se soustraire délibérément au contrôle.
Interrogé sur son comportement au second barrage, il a expliqué avoir pensé que le contrôle ne concernait que le premier point et qu’il était libre de circuler. Il a précisé qu’il transportait son employeur et quelques connaissances et qu’il disposait d’un permis délivré en 2024.
De son côté, le gendarme Oumar Kanté, auteur des tirs, a affirmé que le conducteur avait franchi deux points de contrôle et ignoré toutes les injonctions. Il ajoute que le véhicule, aux vitres teintées, avançait droit vers lui, ce qui aurait motivé sa décision de tirer sur les pneus pour éviter un potentiel danger. Il nie formellement avoir braqué son arme sur le chauffeur.
Pour le procureur Sidiki Camara, les faits commis par Oumar Keïta traduisent une mise en danger manifeste, tant pour les agents que pour les populations présentes dans cette zone hautement fréquentée. Il a ainsi réclamé deux ans de prison ferme et une amende d’un million de francs guinéens.
L’avocat de la défense, Me Christophe Labilé Koné, a plaidé l’acquittement de son client, estimant que la peur avait guidé sa réaction et qu’aucun élément ne venait appuyer les accusations de rébellion ou de refus volontaire d’obtempérer.



