La découverte du corps sans vie d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, vendredi 30 janvier 2026, dans le quartier de Boussoura, commune de Matam, remet en lumière la menace croissante que représente la drogue de synthèse connue sous le nom de « Kush » pour la jeunesse urbaine.
Le corps de la victime a été retrouvé au pied d’un immeuble. Selon plusieurs témoignages concordants recueillis sur place, le décès serait survenu à la suite de la consommation de cette substance aux effets particulièrement dévastateurs. L’identité officielle du jeune homme n’a pas encore été établie. Dans le quartier, il était toutefois connu sous le surnom de « Rousso ».
D’après les riverains, le jeune homme fréquentait régulièrement le secteur pour consommer de la Kush avec d’autres jeunes. Le chef de secteur de Boussoura, Hervé Vincent Camara, affirme avoir tenté à plusieurs reprises de l’éloigner de cet environnement à risque. « Depuis plusieurs mois, j’essayais de le convaincre de quitter les lieux. Personne ne connaissait sa véritable identité. Il semblait de plus en plus affaibli, avec des signes visibles de maladie, notamment des gonflements au visage et aux pieds », a-t-il confié.
Selon ses explications, des aides financières lui auraient même été remises afin qu’il puisse regagner Maneah, localité qu’il disait être la sienne. « Malgré cela, il se cachait pour rester ici et continuait à consommer cette drogue quotidiennement », déplore le chef de secteur.
Les heures ayant précédé le drame témoignent de la dégradation avancée de son état de santé. « La veille de son décès, je l’ai retrouvé allongé dans les ordures, visiblement épuisé après avoir consommé. Il était incapable de parler. C’est dans la nuit qu’un collaborateur est venu m’informer de sa mort », poursuit Hervé Camara, soulignant la difficulté actuelle à contacter la famille de la victime en raison de l’absence d’informations sur son identité.
Un autre habitant du quartier affirme également avoir tenté de lui venir en aide, indiquant que le jeune homme se disait originaire de Coyah et résidant à Maneah. Là encore, les tentatives de retour vers sa famille seraient restées sans effet.
Face à ce nouveau drame, le chef de secteur appelle les autorités à une action urgente. Il exhorte notamment à une prise en charge plus ferme du phénomène de la toxicomanie dans le quartier, qu’il estime préjudiciable à l’image et à la sécurité de Boussoura.
Au moment du constat, le corps se trouvait toujours sur les lieux, dans l’attente de l’intervention des forces de l’ordre et des services de médecine légale, chargés des procédures d’usage.
Aïssata SYLLA



