Quatre jours seulement après le déclenchement des frappes menées par les États-Unis et Israël contre le régime de Téhéran, des tensions inhabituelles sont déjà signalées dans plusieurs stations-service à Conakry et à l’intérieur du pays. Pourtant, selon des sources concordantes, la Guinée disposerait encore de réserves suffisantes pour tenir plusieurs semaines.
Alors que le conflit au Moyen-Orient n’en est qu’à son quatrième jour et que le pays se situe à des milliers de kilomètres du théâtre des opérations, certains gérants de stations sont accusés par des usagers d’entretenir artificiellement la rareté. Réduction des volumes servis, fermetures anticipées ou ruptures subites non justifiées : les pratiques observées alimentent les soupçons de rétention stratégique.
Une psychose plus forte que la réalité des stocks ?
Sur le marché international, la flambée du brut reste contenue à ce stade, même si les tensions autour du détroit d’Ormuz entretiennent l’incertitude. Toutefois, les cargaisons déjà réceptionnées par la Société Nationale des Pétroles (SONAP) ne seraient pas directement impactées par les événements récents.
Plusieurs observateurs évoquent ainsi une crise davantage alimentée par la peur et les anticipations que par une rupture effective d’approvisionnement. La ruée des automobilistes vers les stations crée une pression soudaine sur la distribution, accentuant l’impression de pénurie.
Entre spéculation et vigilance des autorités
Dans certains quartiers, des témoignages font état de ventes au compte-gouttes et de circuits parallèles où le litre se négocierait déjà au-dessus du tarif officiel. Si ces pratiques étaient avérées, elles pourraient relever d’une stratégie spéculative anticipant une éventuelle hausse des prix.
Pour l’heure, aucune annonce officielle ne fait état d’un ajustement tarifaire immédiat. Mais la situation rappelle combien l’économie guinéenne reste sensible aux secousses géopolitiques mondiales, même lointaines.
Reste à savoir si les autorités renforceront les contrôles pour éviter que la psychose ne se transforme en crise réelle, dans un contexte où, paradoxalement, les stocks disponibles permettraient encore au pays de tenir sans tension majeure à court terme.
La Rédaction



