Alors que plusieurs clients de banques en Guinée signalent depuis quelques jours des difficultés pour effectuer des retraits importants, le président de l’association des cambistes de Guinée, Amadou Tidiane Koula Diallo, s’est exprimé ce 6 mars 2026 sur cette situation qui alimente de nombreuses interrogations au sein de l’opinion.
Intervenant en marge d’une interview, il a tenu à rassurer sur l’état de l’économie nationale, affirmant que les tensions observées dans certaines banques ne signifient pas que le pays manque d’argent. Selon lui, cette situation est plutôt la conséquence d’une intensification des activités économiques, notamment avec le développement du projet minier Simandou 2040.
D’après le responsable des cambistes, l’implantation progressive des sociétés minières à l’intérieur du pays entraîne des mouvements importants de liquidités hors du circuit bancaire. Les entreprises opérant dans les zones minières retireraient régulièrement d’importantes sommes pour assurer le paiement de leurs travailleurs. Ces fonds, une fois injectés dans les localités concernées, ne retournent pas systématiquement dans les banques, ce qui contribue à créer une pression sur les liquidités disponibles.
Amadou Tidiane Koula Diallo estime toutefois que cette situation ne doit pas être interprétée comme un signe de faiblesse économique. Il considère même que l’intensification des flux financiers liés aux grands projets peut traduire une dynamique économique en expansion.
Par ailleurs, il met en garde contre l’idée d’augmenter la masse monétaire pour faire face à cette tension. Selon lui, la fabrication excessive de billets pourrait fragiliser la valeur du franc guinéen et nuire à la stabilité économique du pays. Il juge préférable d’encourager une meilleure circulation des ressources existantes plutôt que de recourir à l’émission de nouvelles quantités de monnaie.
Le président des associations des cambistes a également rejeté les critiques de certains analystes qui accusent les cambistes de détenir une part importante des liquidités circulant en dehors du système bancaire. À l’en croire, les cambistes ne thésaurisent pas l’argent mais participent plutôt à sa circulation entre les acteurs économiques et les populations.
Enfin, Amadou Tidiane Koula Diallo a invité les citoyens, notamment les commerçants, à adopter davantage les services bancaires modernes. Il encourage l’utilisation des cartes bancaires et des virements électroniques afin de réduire la dépendance aux paiements en espèces.
Pour lui, même si cette tension sur les liquidités constitue une situation inhabituelle pour de nombreux Guinéens, elle pourrait progressivement s’atténuer avec l’adaptation du système financier aux nouvelles réalités économiques du pays.
Aïssata SYLLA



