La cérémonie officielle marquant la Journée internationale des droits des femmes ne se tiendra pas le 8 mars en Guinée cette année. Dans un message adressé à la nation à la veille de cette date, la ministre de la Promotion féminine, de la Famille et des Solidarités, Pauline Adeline Patricia Lamah, a annoncé que l’édition 2026 sera officiellement célébrée le 15 avril prochain.
Selon la ministre, la République de Guinée s’associera, comme chaque année, à la commémoration mondiale du 8 mars, célébrée dans les États membres de l’Organisation des Nations unies. Toutefois, la cérémonie officielle dans le pays est exceptionnellement décalée.
« En Guinée, la célébration officielle de l’édition 2026 de cette journée est exceptionnellement reportée au 15 avril 2026. Néanmoins, les activités prévues dans le cadre du mois de la femme se dérouleront conformément au programme établi », a précisé la ministre.
Placées sous le haut patronage du président de la République, Mamadi Doumbouya, les activités du mois de la femme s’inscrivent, selon la ministre, dans une dynamique nationale visant à promouvoir l’égalité, la justice sociale et l’autonomisation économique des femmes.
Pour cette année, le thème retenu est « L’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles ». Un choix qui met en avant les défis liés à l’égalité devant la loi et à la protection effective des droits des femmes.
La ministre a souligné que l’objectif est de garantir à chaque femme et à chaque fille une justice équitable, accessible et protectrice, indépendamment de leur situation sociale ou de leur lieu de résidence.
Dans son intervention, Pauline Adeline Patricia Lamah a également rappelé que la Constitution adoptée le 26 septembre 2025 consacre l’égalité entre les femmes et les hommes et renforce les garanties juridiques en faveur des femmes et des filles en Guinée.
Elle a par ailleurs évoqué les réformes engagées par le gouvernement pour améliorer la protection des droits des femmes. Celles-ci concernent notamment la révision du Code pénal et du Code civil, l’adoption de lois sur la parité ainsi que sur la santé sexuelle et reproductive. À cela s’ajoute la mise en place de structures spécialisées telles que l’Office de protection du genre, de l’enfant et des mœurs et le Service central de protection des personnes vulnérables.
Malgré ces avancées, la ministre reconnaît que plusieurs obstacles continuent d’entraver l’accès effectif des femmes à la justice. Elle cite notamment les pesanteurs socioculturelles, la méconnaissance des droits, l’éloignement des juridictions, la lenteur des procédures et les difficultés liées à la prise en charge des frais judiciaires.
Afin de répondre à ces défis, le ministère prévoit une série d’initiatives durant le mois de la femme. Parmi elles figurent des campagnes nationales de sensibilisation sur les droits des femmes, des séances d’information sur les procédures judiciaires, ainsi que des visites auprès des femmes détenues.
Sur le plan économique, plusieurs programmes sont également annoncés pour renforcer le leadership féminin. Le ministère prévoit notamment le lancement du programme « 30 championnes », financé par le Fonds d’appui aux activités féminines avec une enveloppe de 15 milliards de francs guinéens, destinée à soutenir l’entrepreneuriat féminin.
La construction d’un marché moderne de fruits et légumes, estimée à 50 millions d’euros, figure également parmi les projets destinés à renforcer la participation des femmes dans les circuits économiques.
Par ailleurs, un programme de réinsertion professionnelle des femmes détenues sera mis en œuvre sur la période 2026-2027 afin de favoriser leur autonomisation et leur réintégration socio-économique.
La ministre Pauline Adeline Patricia Lamah a également appelé les femmes et les filles de Guinée à s’approprier pleinement leurs droits et à prendre part activement aux différentes activités prévues durant le mois de la femme.
Aissata SYLLA



