La décision de dissoudre une quarantaine de partis politiques en Guinée continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Dans la nuit du 6 au 7 mars 2026, le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a annoncé, par arrêté, la dissolution de 40 formations politiques. Parmi elles figure le PDG-RDA, parti historique étroitement lié à l’indépendance du pays.
Cette mesure administrative a particulièrement surpris les responsables de cette formation politique autrefois dirigée par Ahmed Sékou Touré. Contacté par notre rédaction, l’ancien secrétaire général par intérim du PDG-RDA, Oyé Béavogui, dit avoir appris la nouvelle tardivement et confie sa déception.
« C’est une surprise désagréable. Le PDG est un symbole collectif, une mémoire collective. C’est un héritage commun, le fruit de la lutte héroïque de nos devanciers qui nous ont conduits à l’indépendance », a-t-il déclaré.
Malgré son incompréhension face à cette décision, l’ancien responsable adopte un ton mesuré. Il rappelle que le PDG-RDA avait soutenu l’arrivée au pouvoir du président de la transition, Mamadi Doumbouya, et s’était inscrit dans la dynamique de refondation engagée après le Coup d’État guinéen de 2021.
Face à la situation, Oyé Béavogui invite toutefois les acteurs politiques à faire preuve de lucidité. « On ne peut pas demander que le pays change quand cela concerne les autres, et s’en plaindre lorsque cela nous touche », a-t-il estimé.
Selon les dispositions réglementaires en vigueur, les biens appartenant aux partis politiques dissous devraient être placés sous scellés, en attendant l’aboutissement des procédures administratives prévues par la loi.
Aïssata Sylla



