L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) a présenté, ce 14 mai 2026, à la Maison de la Presse de Conakry sise à la minière, les conclusions d’une étude portant sur le fonctionnement de la chaîne pénale en Guinée.
À travers ce rapport, elle dresse un constat préoccupant sur l’état du système judiciaire guinéen, mettant en lumière de nombreuses irrégularités et insuffisances dans le traitement des procédures judiciaires.
Le document pointe notamment les détentions préventives prolongées, les dépassements fréquents des délais légaux de garde à vue, les multiples renvois d’audiences ainsi que les lenteurs observées dans les procédures judiciaires. L’étude relève également les difficultés rencontrées par les avocats pour accéder à certains détenus, le déficit de personnel qualifié et l’insuffisance des infrastructures judiciaires.
L’OGDH évoque aussi la vétusté de plusieurs juridictions du pays, notamment celles de Kaloum, Coyah, Forécariah, Mamou et Labé, dont les conditions de fonctionnement sont jugées peu adaptées aux exigences d’une justice efficace.
Prenant la parole lors de la présentation du rapport, le président de l’OGDH, Maître Alpha Amadou DS Bah, a indiqué que le document sera rendu accessible en ligne afin de permettre au public et aux acteurs du secteur judiciaire de s’en approprier le contenu. Selon lui, cette démarche vise à encourager une amélioration des pratiques au sein des juridictions, mais également auprès des officiers de police judiciaire et des autres intervenants de la chaîne pénale.
Ayant contribué à l’étude de ce rapport, Mamadou Malal Diallo, a, quant à lui, illustré les dysfonctionnements dénoncés à travers plusieurs cas de détention prolongée recensés dans le pays.
Il a notamment cité le cas d’un homme interpellé en mai 1991 pour une affaire de meurtre et resté en détention jusqu’en octobre 2008, soit près de 16 années d’incarcération, sans avoir été présenté devant un juge d’instruction ni jugé, avant d’être finalement libéré sur instruction du parquet général près la Cour d’appel de Conakry.
Le consultant a également évoqué le cas de personnes placées sous mandat de dépôt depuis août 2016 pour des faits de vol à main armée et dont la première comparution devant une juridiction n’est intervenue qu’en janvier 2026, après plusieurs années de détention provisoire.
Par ailleurs, Mamadou Malal Diallo a rappelé la libération, le 30 octobre 2024, de huit détenus de la Maison centrale de Conakry qui étaient incarcérés depuis 2008 sans avoir comparu devant un juge d’instruction ni bénéficié d’un procès.
I. Sylla



