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De 1958 à 2026 : 68 ans d’histoire de la République de Guinée, entre (indépendance, ruptures et refondations)/ Édito 

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De 1958 à 2026 : 68 ans d’histoire de la République de Guinée, entre (indépendance, ruptures et refondations)/ Édito 

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octobre 2, 2026
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Ce 2 octobre 2026, la République de Guinée célèbre le 68e anniversaire de son accession à l’indépendance. Soixante-huit années au cours desquelles le pays a connu plusieurs régimes politiques, deux coups d’État majeurs, des périodes de fortes tensions sociales et politiques, mais aussi des avancées dans le domaine minier, des infrastructures et du processus institutionnel.

 

Retour sur les grandes étapes de l’histoire de la Guinée indépendante.

1958 : le choix historique de l’indépendance

L’histoire de la Guinée indépendante commence véritablement en 1958. Alors que la France propose aux territoires africains de la Communauté française de se prononcer sur une nouvelle organisation institutionnelle, la Guinée fait un choix différent de celui de la plupart des autres territoires francophones.

Le 28 septembre 1958, les électeurs guinéens rejettent massivement le projet de Constitution de la Ve République française et, par conséquent, l’intégration à la nouvelle Communauté française. Le « Non » porté notamment par Ahmed Sékou Touré devient le symbole de la volonté d’accession immédiate à la souveraineté.

Quatre jours plus tard, le 2 octobre 1958, la Guinée proclame son indépendance. Elle devient ainsi le premier territoire de l’Afrique française subsaharienne à accéder à la souveraineté nationale en dehors du projet de Communauté française. Les États-Unis reconnaissent officiellement la République de Guinée le 1er novembre 1958.

Ahmed Sékou Touré devient le premier président de la République.

1958-1984 : l’ère Sékou Touré

Les premières années de l’indépendance sont marquées par une politique de souveraineté économique et politique. La Guinée se rapproche du bloc socialiste et développe des relations étroites avec l’Union soviétique, la Chine et plusieurs pays du tiers-monde.

Le Parti démocratique de Guinée (PDG) devient progressivement le centre du pouvoir politique. Le pays évolue vers un système à parti unique et adopte une économie fortement étatisée.

Cette période est également marquée par d’importantes réalisations dans l’éducation, la culture et la construction de l’État, mais aussi par une répression politique sévère. Des milliers de personnes sont arrêtées ou emprisonnées, tandis qu’une partie importante de la population choisit l’exil. Les accusations de complots et de tentatives de déstabilisation deviennent récurrentes.

Le régime de Sékou Touré prend fin avec sa mort, le 3 avril 1984, aux États-Unis.

1984 : le changement de régime et l’arrivée de Lansana Conté

Quelques jours après la disparition du premier président guinéen, un groupe de militaires prend le pouvoir. Le colonel Lansana Conté s’impose à la tête du pays.

Cette nouvelle période, souvent désignée comme celle de la Deuxième République, marque une rupture avec le modèle socialiste de Sékou Touré. Le nouveau régime engage une libéralisation économique, notamment avec le soutien des institutions financières internationales.

La Guinée abandonne progressivement le système économique fortement étatisé et cherche à attirer davantage d’investissements étrangers.

Sur le plan politique, cependant, le pouvoir demeure fortement centralisé. Le multipartisme est finalement autorisé au début des années 1990 et Lansana Conté remporte les premières élections présidentielles pluralistes de 1993.

Il est ensuite réélu en 1998 et en 2003.

Les dernières années de son règne sont marquées par des tensions sociales, des mouvements de contestation et une dégradation de son état de santé. À sa mort, le 22 décembre 2008, l’armée intervient de nouveau.

2008-2010 : le coup d’État et la transition

Le décès de Lansana Conté ouvre une nouvelle période d’incertitude. Le 23 décembre 2008, le capitaine Moussa Dadis Camara annonce la prise du pouvoir par l’armée et la suspension de la Constitution.

La junte promet alors de restaurer un pouvoir civil à travers des élections.

Mais la transition est rapidement marquée par des tensions. Le 28 septembre 2009, un rassemblement de l’opposition au stade de Conakry tourne au drame. Des dizaines de personnes sont tuées et de nombreuses autres blessées.

Quelques mois plus tard, une tentative d’assassinat contre Moussa Dadis Camara, le 3 décembre 2009, bouleverse une nouvelle fois la transition. Le général Sékouba Konaté prend les commandes de la transition et conduit le pays vers les élections.

En 2010, la Guinée organise sa première élection présidentielle pluraliste depuis l’indépendance. Alpha Condé remporte le second tour face à Cellou Dalein Diallo et devient président de la République en décembre 2010.

2010-2021 : l’ère Alpha Condé

L’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir constitue une nouvelle étape dans l’histoire politique du pays. Ancien opposant historique, il devient le premier président guinéen issu d’une élection pluraliste depuis l’indépendance.

Son premier mandat est consacré notamment à la reconstruction des institutions, à la relance économique et à la recherche d’investissements.

La Guinée tente parallèlement de mieux valoriser son potentiel minier. La bauxite, l’or et, plus tard, le fer de Simandou occupent une place croissante dans les perspectives économiques du pays.

Alpha Condé est réélu en 2015 puis en 2020, après l’adoption d’une nouvelle Constitution permettant notamment au président de briguer un troisième mandat.

Cette modification constitutionnelle provoque une importante contestation politique et sociale. Le pays connaît plusieurs manifestations et épisodes de violences.

Le 5 septembre 2021, le colonel Mamadi Doumbouya et des éléments des forces spéciales renversent Alpha Condé. La Constitution est suspendue et le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) prend le pouvoir.

2021-2025 : la transition du CNRD

Après le coup d’État, Mamadi Doumbouya est installé à la tête de la transition. Une Charte de la transition est adoptée et un Conseil national de la transition (CNT) est mis en place comme organe législatif.

Le CNRD annonce plusieurs objectifs : refondation de l’État, réforme des institutions, lutte contre la corruption, réorganisation du fichier électoral et retour à l’ordre constitutionnel.

La transition devait initialement s’achever fin 2024 conformément à un calendrier négocié avec la CEDEAO. Cette échéance n’est toutefois pas respectée.

En septembre 2025, le pays franchit une nouvelle étape avec l’organisation d’un référendum constitutionnel. La nouvelle Constitution est approuvée selon les résultats définitifs validés par la Cour suprême avec 89,38 % des suffrages, pour une participation annoncée à 86,42 %.

Le nouveau texte modifie notamment la durée du mandat présidentiel, qui passe de cinq à sept ans, renouvelable une fois.

2025-2026 : le retour aux élections

La nouvelle séquence institutionnelle se poursuit avec l’élection présidentielle du 28 décembre 2025.

Selon les résultats définitifs proclamés par la Cour suprême le 4 janvier 2026, Mamadi Doumbouya obtient 86,72 % des suffrages et est élu président de la République pour un mandat de sept ans.

L’année 2026 marque ensuite la poursuite de la mise en place des nouvelles institutions.

Le 31 mai 2026, les Guinéens sont appelés aux urnes pour les élections législatives et communales. Les résultats définitifs des législatives sont proclamés par la Cour suprême le 19 juin. La nouvelle Assemblée compte 147 députés, qui prennent officiellement fonction le 17 juillet 2026, ouvrant une nouvelle étape institutionnelle dans le cadre de la nouvelle République.

68 ans après : une histoire faite de ruptures et de continuités

De 1958 à 2026, la Guinée a connu plusieurs visages.

Le pays est passé d’un régime à parti unique sous Sékou Touré à un régime militaire sous Lansana Conté, avant l’ouverture au multipartisme, puis les transitions militaires de 2008 et de 2021.

Il a également connu trois grandes périodes de pouvoir civil issues de processus électoraux : Lansana Conté à partir de 1993, Alpha Condé en 2010 et Mamadi Doumbouya après le scrutin présidentiel de décembre 2025.

Sur le plan économique, la richesse du sous-sol demeure l’une des principales caractéristiques du pays. La Guinée dispose notamment d’importantes réserves de bauxite, ainsi que d’or, de diamant et de fer. Le pays possède également près de 300 kilomètres de façade atlantique.

Le développement du secteur minier, notamment autour du projet Simandou, constitue aujourd’hui l’un des grands enjeux économiques du pays.

Mais au-delà des ressources naturelles et des changements de régime, l’histoire de la Guinée indépendante est aussi celle d’une population qui, depuis 1958, aspire à transformer la souveraineté acquise en progrès économique et social.

 

Le 2 octobre 1958 demeure l’un des moments fondateurs de l’histoire politique africaine. Soixante-huit ans plus tard, la Guinée célèbre son indépendance avec une histoire riche, parfois douloureuse, faite de victoires, de crises, de transitions et de recompositions institutionnelles.

De Sékou Touré à Mamadi Doumbouya, en passant par Lansana Conté, Moussa Dadis Camara, Sékouba Konaté et Alpha Condé, le pays a connu des trajectoires politiques profondément différentes.

En 2026, la Guinée entre dans une nouvelle phase de son histoire institutionnelle. Les défis restent nombreux : consolider les institutions, développer les infrastructures, améliorer les conditions de vie, créer davantage d’emplois et transformer les immenses ressources naturelles du pays en bénéfices durables pour la population.

68 ans après le « Non » historique de septembre 1958, l’histoire de la Guinée continue donc de s’écrire, entre mémoire du passé, réalités du présent et ambitions pour l’avenir.

 

Éditorial signé : La rédaction de webguinee24.info 

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