L’ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP), Mandian Sidibé, a rejeté les accusations de détournement présumé de deniers publics portées contre lui, ce vendredi 30 octobre 2026, devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Au cours de son interrogatoire, il a notamment contesté le montant de 78 milliards de francs guinéens retenu dans cette affaire et apporté plusieurs explications sur sa gestion de l’institution.
Face aux magistrats, l’ancien responsable a défendu son bilan à la tête de l’OGP, en mettant en avant les recettes enregistrées entre 2022 et 2024. Selon les chiffres qu’il a présentés, l’établissement aurait mobilisé respectivement 38 milliards, 33 milliards et 35 milliards de francs guinéens sur ces trois exercices, soit un cumul de 106 milliards GNF.
Sur la question des ressources financières, Mandian Sidibé a également évoqué les primes versées aux membres du conseil d’administration, estimant que ces pratiques ne relevaient pas de sa seule responsabilité. Il a notamment affirmé que près de 2 milliards de francs guinéens auraient été perçus par cette instance durant sa gestion.
L’ancien DG a par ailleurs justifié les recrutements effectués sous son autorité par la nécessité de renforcer les effectifs de l’Office. Il a reconnu que l’institution comptait plus de 300 stagiaires répartis à travers le pays, avec une rémunération moyenne de 1,6 million GNF. Il a également fait état de difficultés de trésorerie ayant occasionné des retards de paiement des salaires.
Autre point abordé devant la Cour : la disparition de certaines pièces comptables. Pour expliquer l’absence de plusieurs documents, le prévenu a invoqué les conséquences de l’explosion du dépôt d’hydrocarbures de Coronthie, qui aurait affecté les locaux et les archives de l’OGP. Il a aussi soulevé des interrogations sur le déplacement de dossiers et du serveur informatique après son départ de l’institution.
Au cours de cette audience, Mandian Sidibé a également contesté les conclusions de certaines inspections et mis en cause le fonctionnement du conseil d’administration, notamment sur les questions de recrutement et de gestion interne.
Sur le fond du dossier, il s’est montré catégorique : il estime que le montant de 78 milliards GNF qui lui est imputé ne repose sur aucune pièce justificative et dénonce ce qu’il considère comme un acharnement contre sa personne.
Pour rappel, Mandian Sidibé comparaît aux côtés de Pépé Haba et du comptable Aboubacar Sidiki Konaté. Les trois prévenus sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics, abus de fonction, corruption, atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics, octroi d’avantages injustifiés, concussion et complicité.
Les débats devant la CRIEF doivent permettre d’examiner les différentes responsabilités dans la gestion de l’OGP et de confronter les déclarations des prévenus aux éléments du dossier.
Les prévenus bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision définitive de justice.
La rédaction !



