Le Collectif des Personnes Handicapées Diplômées Sans Emploi en Guinée a animé une conférence de presse ce jeudi 12 février 2026 à la Maison commune des journalistes. Placée sous le thème évocateur « Handicapés diplômés, oubliés : nous voulons servir notre nation. Donnez-nous de l’emploi ! », la rencontre a permis aux membres du collectif de mettre en lumière les obstacles persistants entravant leur accès à la fonction publique et, plus largement, au marché du travail.
Face aux médias, le président du collectif, Géant Vévé Koïvogui, a dressé un constat qu’il qualifie de préoccupant, évoquant une problématique à la fois sociale, juridique et morale. Selon lui, la question de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap diplômées renvoie aux principes de justice sociale, d’équité et au respect des engagements nationaux et internationaux souscrits par la Guinée.
Tout en reconnaissant l’existence d’un cadre normatif favorable, le collectif dénonce un décalage entre les textes et leur application concrète. « Dans les hôpitaux, dans la circulation ou dans les files d’attente, une priorité est accordée aux personnes en situation de handicap. Mais lorsqu’il s’agit d’emploi, dans le secteur public comme dans le privé, elles sont reléguées au second plan », a déploré le président, s’interrogeant sur cette différence de traitement.
Revenant sur les engagements pris par les autorités, les responsables du collectif ont rappelé que, lors de la célébration différée de la Journée internationale des personnes handicapées le 18 décembre 2024 à Taouyah, la ministre en charge du département à l’époque avait annoncé le recrutement de jeunes diplômés vivant avec un handicap dès le premier trimestre 2025. Une promesse qui, selon eux, reste à ce jour sans suite.
Les représentants indiquent avoir multiplié les démarches, notamment à travers onze rendez-vous avec la FEGUIPAH et une demande d’audience adressée à l’ancienne ministre, demeurée sans réponse favorable. Face à ce qu’ils considèrent comme un blocage institutionnel, ils en appellent désormais à l’arbitrage des plus hautes autorités du pays, sollicitant l’implication du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, afin que la question de l’emploi des personnes en situation de handicap figure parmi les priorités nationales.
Le collectif a par ailleurs salué la nomination de la nouvelle ministre en charge du département, Patricia Adeline Lamah, exprimant l’espoir que son mandat marque un tournant en faveur des personnes en situation de handicap, notamment des diplômés en quête d’emploi.
En conclusion, un appel pressant a été lancé au ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale ainsi qu’à l’ensemble du Gouvernement, en faveur d’un recrutement à la fonction publique par dérogation. Pour ces diplômés, il s’agit avant tout de pouvoir contribuer activement au développement du pays et de servir la nation à la hauteur de leurs compétences.
Aïssata SYLLA



