La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a connu une journée particulièrement chargée ce mercredi 29 avril 2026, marquée par l’ouverture d’un procès majeur, la reprise de dossiers emblématiques et des débats autour d’une demande de mise en liberté provisoire.
À la barre, l’ancien ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle, de l’Emploi et du Travail, également ex-ministre de la Sécurité sous le régime d’Alpha Condé, Damantang Albert Camara, a comparu pour répondre de graves accusations. Poursuivi pour détournement de deniers publics, corruption, blanchiment de capitaux et enrichissement illicite, l’ancien porte-parole du gouvernement est soupçonné d’avoir détourné plus de 222 milliards de francs guinéens entre 2011 et 2021, en plus d’un montant supplémentaire estimé à plus de 17,3 milliards GNF. Face à la juridiction, il a plaidé non coupable.
Dans le même temps, la CRIEF a également examiné les dossiers des anciens ministres Rémy Lamah et Oyé Guilavogui. Poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, les deux prévenus ont comparu libres. Seul le Général Rémy Lamah a pris la parole à l’audience, rejetant en bloc les accusations portées contre lui. À l’issue des débats, la cour a décidé de renvoyer les affaires au 20 mai 2026 pour la suite des procédures.
Par ailleurs, les échanges ont été vifs autour de la situation de Badra Koné, également poursuivi dans une autre affaire. S’opposant à une demande de mise en liberté provisoire introduite par la défense, le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a estimé qu’une telle décision serait risquée. Selon lui, la remise en liberté du prévenu pourrait compromettre la manifestation de la vérité, notamment en lui laissant le temps de dissimuler d’éventuelles preuves.
Cette audience illustre une nouvelle fois l’intensité des procédures engagées devant la CRIEF, devenue un acteur central dans la lutte contre la corruption et les infractions économiques en Guinée.
La rédaction



