Guinéennes, Guinéens,
Chers compatriotes,
A la veille de la nouvelle année qui s’annonce, je voudrais exprimer au
peuple souverain de Guinée y compris nos compatriotes établis à
l’Étranger, aux compatriotes alités et qui souffrent, aux frères d’armes en
mission pour défendre la liberté et la démocratie, aux personnels
diplomatiques accrédités dans notre pays, aux partenaires techniques
et financiers ainsi qu’aux communautés étrangères qui ont fait le choix
de vivre parmi nous, mes vœux de bonne et heureuse année 2024.
Je souhaite à toutes et à tous une année de paix, de prospérité, et
surtout de santé, afin de poursuivre ensemble, dans la sérénité, la
concrétisation de nos aspirations profondes pour notre pays.
A tous les peuples du monde éprouvés par les conflits et diverses
tensions, je renouvelle la sympathie et la solidarité du peuple de Guinée.
En cette année qui s’achève, je réitère solennellement mon
attachement indéfectible à la promotion du vivre-ensemble, au
dialogue et à la paix ainsi que mon entière disponibilité à toujours
apporter ma pleine contribution à l’avènement d’une Guinée
émergente, plus solidaire, plus sûre et tolérante.
Nos succès et nos satisfactions durant l’année écoulée suffisent à nous
motiver pour en faire davantage et espérer mieux durant les douze
prochains mois.
Nous sommes conscients des défis à relever, cependant, il est évident
que, de manière générale, nous nous sommes améliorés en 2023, et je voudrais vous exprimer ma fierté d’avoir contribué, avec vous, à cette
avancée positive.
L’apport de l’ensemble des Guinéens, des partenaires et amis de la
Guinée, est d’une importance capitale car, c’est la somme de toutes
nos contributions au bien-être du pays qui façonne le devenir de notre
Nation. Je vous exhorte à magnifier et à ne jamais douter de l’avenir
radieux de notre pays.
Guinéennes, Guinéens,
Chers Compatriotes,
Des avancées considérables ont été réalisées dans notre processus de
rétablissement du vivre-ensemble. A titre d’exemples, les concertations
initiées au lendemain de la prise de responsabilité par le Comité
National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) en passant
par les journées de pardon-vérité, le cadre de dialogue Inclusif InterGuinéen
et tout récemment la chaîne de solidarité mise en place
spontanément pour venir en aide aux victimes de l’incendie du dépôt
des hydrocarbures survenu à Kaloum sont une parfaite illustration du
progrès accompli.
C’est l’occasion pour moi d’adresser, une fois de plus, mes
condoléances aux familles éplorées et de remercier les structures
spécialisées en particulier les Forces de défense et de sécurité, les unités
de secours, pour les efforts consentis pour sauver des vies, et les pays
amis pour leur soutien ainsi que leur solidarité en faveur de notre pays
pendant cet incendie dévastateur.
La cohésion sociale, qui est une dimension cruciale de la Transition,
mérite d’être renforcée davantage et préservée, afin de maintenir notre
pays dans le concert des Nations qui inspirent admiration et
considération.
J’en appelle au sens élevé de patriotisme et de responsabilité de
chacune et chacun, pour se mettre au-dessus de toute considération
partisane, afin de faire de notre pays une concentration de forces et
d’intelligences, un tout, un bloc riche de sa diversité pour bâtir un avenir
meilleur.
L’apport à l’œuvre de construction de la Guinée nouvelle nécessite de
chacun et de tous d’avoir davantage confiance en notre pays, et
d’être mus par la certitude que les fruits des efforts collectifs seront
redistribués à tous. C’est ce qui justifie, et je tiens à le saluer, le protocole
d’accord concluant entre le Gouvernement, le Patronat et le
mouvement syndical qui a permis non seulement d’apaiser le climat
social, mais également d’améliorer les conditions de vie des travailleurs
Guinéens. Ce Protocole d’accord prévoit une augmentation
échelonnée jusqu’à 35% sur la valeur de l’indice monétaire. La cotisation
sociale, qui est une des mesures d’accompagnement, est destinée à la
couverture médicale jusqu’à 80% pour les fonctionnaires et les
contractuels d’Etat, les retraités et les personnes à charges,
conformément aux textes en vigueur, six (6) mois après la mise en
application du régime contributif.
Dans la même dynamique, le Gouvernement, à travers le ministère du
Travail et de la Fonction publique, a lancé un concours de recrutement
de 20 mille nouveaux fonctionnaires, en vue de pallier le manque de
ressources humaines qualifiées dans notre Administration publique. Ce
résultat intervient après des efforts considérables d’épuration du fichier
de la Fonction publique.
Toujours dans la dynamique de satisfaire la demande sociale, depuis
2022, l’État a consenti des budgets significatifs destinés aux
investissements sociaux. Cette augmentation a visé principalement à
favoriser les couches les plus vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes, et à renforcer leurs capacités pour le développement
harmonieux de notre pays.
Avec la part sociale largement au-dessus de celles consenties par le
passé, les actions prévues en faveur de l’éducation, de l’emploi, de la
santé et de l’amélioration des conditions de vie des travailleurs sont
nettement visibles. Avec la tendance et la trajectoire amorcée, il ne fait
l’ombre d’aucun doute que des réponses sociales pertinentes
continueront à être apportées à de nombreuses préoccupations au
cours de la nouvelle année qui s’annonce, parce que les réformes
structurelles profondes de redressement de l’économie nationale et de
la bonne gouvernance entreprises par le Comité National du
Rassemblement pour le Développement (CNRD) et le Gouvernement
seront davantage couronnées de réussite.
Guinéennes, Guinéens,
Chers compatriotes,
Le processus de développement économique irréversible de notre pays
est bien possible. Notre économie se porte bien malgré la conjoncture
mondiale. Malgré les difficultés, notre économie est résiliente.
Les avancées significatives réalisées par la Guinée, dans la construction
des fondements de l’émergence de son économie, se sont illustrées au
cours de l’année qui s’achève par la mise en œuvre d’un nombre
important de leviers de développement dans tous les domaines.
Le passage de notre pays de la catégorie de pays à revenu national
faible au statut de pays à revenu national intermédiaire est l’une des
preuves concrètes du résultat des réformes engagées.
Dans le domaine des infrastructures, nous avons entamé un vaste projet
de construction et de reconstruction des voiries urbaines dans le Grand Conakry et à l’intérieur du pays. Depuis le 05 septembre 2021, des
résultats importants ont été atteints à travers notamment la mise en
circulation de plus de 800 km de routes revêtues et plus de 1.400 km de
routes en terre pour le désenclavement en faveur des populations
rurales. Des ouvrages de franchissement importants ont aussi été livrés
aux populations guinéennes ; c’est le cas notamment des ponts sur la
Soumba, sur le fleuve Sankarani, de l’échangeur Paul Kagamé, des
routes nationales Coyah-Faramoriah-Frontière Sierra Leone, DabolaKouroussa,
Guéckédou-Kondémbadou. Il s’agit à ce jour, de plus de
2.000 km de routes réalisées.
D’autres projets plus importants seront finalisés au cours des prochains
mois à Conakry et à l’intérieur du pays, à savoir les échangeurs du km
36 et de Bambéto, le pont unique à péage de Tanéné, la route KankanMandiana,
les voiries urbaines à Conakry et de l’intérieur du pays.
Ce sont là, entre autres, des éléments factuels, des preuves tangibles de
notre engagement à ne pas renoncer à notre responsabilité, celle de
servir notre patrie qui nous a tout donné.
Notre volonté patriotique s’étend également au secteur de l’agriculture
et de l’élevage, dont le budget a été considérablement augmenté
pour faire face aux enjeux stratégiques de sécurité alimentaire. Ce
budget a permis notamment l’élaboration d’une campagne agricole
sans précédent dans toutes les préfectures avec l’acquisition de plus de
60.000 tonnes d’engrais à un prix accessible et acheminés au plus près
des utilisateurs, l’accompagnement des agriculteurs pour l’accès aux
équipements (tracteurs, moissonneuses, décortiqueuses, … j’en passe.).
L’agriculture est l’un des piliers du développement de notre pays. C’est
pourquoi, dans le cadre de la politique de refondation verte, j’invite tous
les Guinéens soucieux du développement de notre cher pays à investir
dans l’agriculture pour atteindre l’autosuffisance alimentaire.
Par ailleurs, au regard de la baisse tendancielle des appuis extérieurs,
l’élargissement des bases de l’économie nationale et l’accroissement
de la part des ressources propres dans le budget de l’Etat, ont été,
durant l’année 2023, des impératifs inscrits au cœur des stratégies
gouvernementales de gestion du développement et de promotion de
la richesse pour augmenter la productivité.
De même, l’Etat s’est attelé à densifier la production et la rentabilité des
exploitations minières. L’approbation définitive du financement du
Projet Simandou, estimé entre 15 et 20 milliards de dollars, par la Chine
à travers la NDRC en est un exemple éloquent. Les avancées majeures
du Projet Simandou obtenues dans les négociations avec ces
partenaires industriels, sont des sources d’espoir dans la matérialisation
du contenu local à savoir donner du travail et offrir des opportunités
d’affaires aux entreprises guinéennes et former les Guinéens pour
garantir le transfert de compétences et de technologies.
Guinéennes, Guinéens,
Chers compatriotes,
La mise en place des institutions fortes qui résistent au temps et à la
tentation des hommes reste et demeure l’un des objectifs clés de cette
Transition. Le mandat des conseils communaux étant arrivé à terme, dès
le premier trimestre de l’année 2024, des délégations spéciales seront
mises en place sur toute l’étendue du territoire national, pour poursuivre
les efforts considérables de retour à l’ordre constitutionnel, par
l’organisation d’élections libres, démocratiques et transparentes de la
base au sommet en respectant les dix (10) points du Chronogramme de
la Transition.
Au cours de la nouvelle année, sera soumise au référendum une
nouvelle Constitution qui nous ressemble et qui nous rassemble. Une
Constitution approuvée par le peuple et qui n’est pas du copier-coller, mais une Constitution qui s’inspire du passé pour bâtir ensemble notre
avenir.
Au cours de l’année qui s’achève, notre société a été le socle de débats
pertinents sur des sujets à caractère politique ou sociétal.
Je constate que les divergences de points de vue sont à l’honneur de
cette démocratie en marche, en ce qu’elles ont favorisé le
foisonnement d’idées constructives et fait mûrir une expression plurielle
des libertés individuelles et collectives sur ces questions.
Mais, le but essentiel est la participation inclusive de tous aux débats et
concertations actuelles qui détermineront la voie vers des élections
consensuelles, libres, participatives et transparentes.
Pour sa part, le Gouvernement, engagé dans un processus de
compromis dynamique avec la CEDEAO a, déjà, sous les auspices du
ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, fait
adopter le 25 octobre dernier par le Conseil National de la Transition, la
loi sur l’identification des personnes physiques et la loi relative à l’état
civil.
La première loi, qui n’existait pas auparavant, permettra de donner un
régime juridique propre à l’identification des personnes physiques. La
maîtrise de l’évolution de la population guinéenne, la sécurité des
citoyens et la protection de leurs données personnelles, des questions
sensibles et stratégiques qui trouveront des réponses idoines grâce à ce
nouveau cadre légal. Enfin, ce processus donnera lieu à la création d’un
registre national des personnes physiques et favorisera l’attribution d’un
numéro personnel d’identification unique à chaque citoyen guinéen.
La seconde loi rapprochera l’état civil des populations avec le
Programme National de Recensement Administratif à Vocation d’État Civil (PN-RAVEC). S’y ajoute le début de la cartographie censitaire, qui
est l’une des étapes majeures du processus de recensement général de
la population et de l’habitat, après la phase pilote de cartographie.
Toutes ces actions de l’État visent à respecter ses engagements vis-à-vis
des Guinéens. A date, le processus va bon train, étape par étape, et le
Gouvernement remplit toutes ses obligations tout en appelant les
acteurs politiques à remplir leur part dans la dynamique patriotique de
construction de notre État démocratique.
Le raffermissement de notre jeune démocratie requiert, de tous les
acteurs, une hauteur de vue, un esprit de discernement, afin de toujours
privilégier l’intérêt supérieur de la Nation. Quant aux citoyens guinéens,
ils demandent à jouer pleinement leur partition dans les décisions qui les
concernent au plus haut point. C’est pourquoi, j’attache du prix à ce
que le peuple soit régulièrement consulté chaque fois que de besoin. Je
puis vous rassurer que le principal motif qui fonde toute mon action est
de léguer à la postérité une société bâtie sur un socle de stabilité et
tournée vers un avenir radieux, dans la réconciliation de toutes les filles
et tous les fils du pays.
Bonne et heureuse année 2024 à toutes et à tous !
Je vous remercie.



