Ce Mercredi 02 octobre 2024, la République de Guinée, va célébrer ses 66 ans d’indépendance. Pour vous faire revivre les moments importants du référendum à la proclamation de l’indépendance du pays, webguinee24.info, vous retrace quelques aspects historiques importants de cette commémoration.
Tout s’est joué le 25 août, puis le 28 septembre 1958. Revenu aux affaires en mai 1958, le général de Gaulle veut doter la France et ses possessions d’outre-mer d’une nouvelle Constitution, qui dote la métropole d’un régime davantage présidentiel (la Ve République), et permet la création d’une Communauté française pour les colonies, déjà semi-autonomes depuis la loi-cadre Defferre de 1956. Il fait en août 1958 un périple africain, dont l’une des étapes, le 25, est Conakry, rajoutée à la dernière minute pour cause de méfiance vis-à-vis de Sékou Touré.
Le 25 août, l’accueil enthousiaste de la foule s’adresse autant à de Gaulle qu’au Syli, l’éléphant, symbolisant Sékou. Puis ce sont les discours. L’extraordinaire tribun qu’est Sékou Touré galvanise : « Nous ne renonçons pas et ne renoncerons jamais à notre droit légitime et naturel à l’indépendance. Il n’y a pas de dignité sans liberté ; nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage. » Il entrouvre cependant une porte en précisant : « Notre cœur, notre raison, en plus de nos intérêts les plus évidents, nous font choisir sans hésitation l’interdépendance et la liberté dans l’union, plutôt que de nous définir sans la France et contre la France. »
Le 2 octobre 1958, alors que rien ne laissait prévoir un tel événement, la Guinée d’Ahmed Sékou Touré proclame son indépendance.
Mais de Gaulle, à qui personne n’a montré le texte que Sékou a pourtant communiqué au préalable, reçoit ce discours comme un affront à la France et à sa personne. Sa réponse est lasse et désabusée : « On a parlé d’indépendance ; je le dis ici plus haut encore qu’ailleurs, l’indépendance est à la disposition de la Guinée ; elle peut la prendre le 28 septembre en disant non à la proposition qui lui est faite et, dans ce cas, je garantis que la métropole n’y fera pas obstacle. Elle en tirera bien sûr des conséquences, mais d’obstacles elle n’en fera pas, et votre territoire pourra, comme il le voudra et dans les conditions qu’il voudra, suivre la route qu’il voudra. » Le lendemain matin, il s’envole après un bref « Adieu la Guinée », en disant : « Voilà un homme avec qui nous ne nous entendrons jamais. » Le général répondra évasivement, avant de s’enfermer dans un silence hostile, tout en laissant s’amorcer des tentatives de déstabilisation, ce qui dégradera progressivement les relations entre Paris et Conakry jusqu’en 1975, date de la normalisation.
www.webguinee24.info



