Après le passage des partis politiques, et les Institutions les 29 et 30 octobre dernier, c’est au tour des acteurs de la société civile et associations de presse, de se présenter au ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation ce jeudi 31 octobre 2024.
En effet, ces décisions controversées, ont démarré par la fuite des documents confidentiels, avant la date officielle de la restitution.
Moussa Iboun Conté, membre du conseil national des organisations de la société civile guinéenne se réjoui de cette initiative.
“Je salue d’abord la démarche méthodologique. Il faut comprendre qu’elle est scientifique, elle n’est dirigée contre personne. Donc, je salue d’abord l’objectivité de la démarche méthodologique.
Et je voulais aussi me réjouir de la qualité du rapport. Il faut reconnaître que le travail a été bien fait. Cela devrait nous servir plutôt de cataclysme pour permettre aux partis politiques qui ont été évalués de se remettre en cause. C’est fait pour que les gens se remettent en cause, qu’ils qualifient leur travail. Parce que ceux qui prétendent diriger notre pays, il faut qu’ils montrent pattes blanches, qu’ils soient des références. Parce que quand vous devez diriger un pays, il faudrait que vous cochez toutes les cases. Donc, c’est ce qu’on leur demande. Aujourd’hui, ce qui se passe dans notre pays, c’est très triste. Quand vous prenez le rapport, des partis politiques qui ont dirigé notre pays
Pendant plus de six décennies, sont épinglés dans le rapport. Donc, cela est vraiment gravissime. Je pense qu’il faudrait comprendre que ce rapport est fait pour que les gens
qui prétendent diriger notre pays soient en règle vis-à-vis du cadre juridique et institutionnel des partis politiques, mais aussi qu’ils puissent au moins jouer leur rôle d’éducation civique auprès des militants, parce que nous comprenons pourquoi le civisme fait défaut dans notre pays, c’est parce qu’à un moment donné, les partis n’ont pas fait face à leurs responsabilités. Donc, c’est un rapport qui est bien fait. C’est une autoflagellation qui devait se faire, les partis politiques à leur niveau. Je crois que c’est un signal fort aussi qu’on envoie vers les organisations de la société civile. Quand vous prétendez diriger un pays, il faut que vous soyez en règle avec les règles de ce pays. Et pour ce qui concerne les partis politiques, je crois que c’est un devoir de leur part
de se les mettre en cause. Un parti politique qui n’existe que dans la capitale et vous laissez les citoyens pour compte, ça ne serait pas une bonne chose, je pense qu’il serait extrêmement que les partis politiques soient présents jusqu’aux derniers districts de la Guinée, et c’est ce qui va amener ces partis politiques à s’imprégner des enjeux de développement de notre pays,
à être conscients des défis de développement et des besoins de la population. Mais si vous restez au niveau de la capitale, vous êtes déconnectés du reste du pays, je crois que cela va nous montrer que vous n’avez pas de soucis de bien-être de la population et que vous manquez votre devoir de relais entre les pouvoirs publics et les populations quand il s’agit de l’élaboration et la mise en oeuvre de politique publique de développement” a-t-il mentionné.
La Directrice nationale des affaires politiques et administrations territoriales, Djenab Touré a expliqué les étapes à suivre.
“Il est de notre devoir, à chaque fois que nous travaillons, de présenter les résultats aux différents acteurs, donc à toutes les parties prenantes. Nous pensons que la presse est une partie prenante, comme on le dit souvent, quatrième pouvoir du pays, mais également les plateformes de la société civile. Parce qu’ils ont beaucoup d’éléments, ce sont des gens qui travaillent beaucoup sur le terrain directement avec les citoyens.
Il faut leur donner la bonne information. C’est vrai que l’information peut être dans les médias, on peut commenter comme on veut, mais quand vous venez et qu’on vous donne la procédure par laquelle nous sommes passés pour faire l’évaluation, commenter les résultats avec vous, vous donner la bonne information, Nous avons jugé nécessaire que c’était la meilleure façon de faire pour vous outiller et pour outiller aussi ceux qui sont sur le terrain, comme les organisations de la société civile.
La prochaine étape, c’est qu’il y a 37 partis politiques qui n’ont pas été évalués. Ils vont commencer à venir récupérer les outils d’évaluation à partir du 5 novembre,
Ils ont deux jours pour récupérer les outils. Ensuite, ils auront trois semaines pour se préparer.
Après trois semaines, ils vont recevoir les équipes. À la différence, il n’y aura pas de mission déployée, mais ce sont les directeurs préfectoraux qui vont faire l’évaluation avec les bureaux fédéraux, donc les démembrements de ces partis sur l’ensemble du territoire, dans les 33 préfectures et dans les communes. Parce que vous n’êtes pas sans savoir que le ministre a pris une décision pour nommer ses responsables au niveau des préfectures et des communes de Conakry.
Donc, nous, au niveau central, on va visiter et ils seront soumis à la même procédure que les autres partis politiques qui ont été évalués. Ensuite, il y aura un résultat.
Deuxièmement, nous allons faire face aux partis qui sont suspendus.
Les partis suspendus aussi, il y aura une commission qui va être formée et mise en place, qui va les accompagner dans le processus de vérification pour lever les suspensions au fur et à mesure en fonction de la documentation ou des états financiers à mettre en place et à faire certifier par le cabinet. Et ensuite, on continuera avec ceux qui sont mis sous observation pour qu’au moins les points, parfois c’est 2 points, 3, 5, 6 points qui ne sont pas satisfaits, pour qu’ils puissent satisfaire ces points aussi pour les enlever sous observation. Il faut aussi se dire que c’est un processus continu. Ça ne va pas s’arrêter.
Nous avons aujourd’hui une base de données et nous allons faire en sorte qu’en dernière position, que les gens puissent soumettre leurs documents à distance, via notre plateforme que nous sommes en train de finaliser en termes de gestion des partis politiques.
Ceux qui n’ont pas pu se faire évaluer, on leur donne une chance.
On ne ferme pas la porte à qui que ce soit. Ils sont 37 partis politiques sur les 211, donc on leur donne aussi leur chance d’être évalués.
Il y en a qui n’étaient pas présents, leurs leaders n’étaient pas présents sur le territoire, ils n’étaient pas vraiment prêts. Il y en a qui n’ont pas eu l’information parce qu’il y avait un problème d’adresse. Il y en a qui ont fait qu’on n’a pas pu joindre, on a essayé de les joindre. Il y en a, c’est un problème simplement de géolocalisation de leur siège pour qu’on s’y rendent. Sinon tout le monde a été programmé.
Je pense qu’on n’a pas à se lamenter, ce n’est pas une chanson sorcière et nous avons toujours essayé de rassurer les uns et les autres.
Ce qui est clair, c’est que les gens doivent respecter premièrement les contenus des statuts et règlements intérieurs de leurs partis”.
Fatoumata CAMARA pour webguinee24.info




