À quelques heures du début du mois de Ramadan et du Carême, la situation dans les marchés de Guinée semble préoccupante. En effet, malgré la signature d’un protocole d’accord entre l’État et les acteurs du commerce visant à réduire les prix des denrées alimentaires essentielles, les prix dans le grand marché de Madina continuent d’augmenter, soulevant des préoccupations parmi les commerçants et les consommateurs.
Ce vendredi 28 février 2025, notre équipe a pu constater que, contrairement aux promesses officielles, les prix des produits de première nécessité ne connaissent pas de baisse. “Aucun prix n’a diminué ici. Le jour où le protocole a été signé, c’est le même jour que l’annonce de l’augmentation du prix du poulet importé. La signature de ce protocole s’est arrêtée à la télévision”, a déploré Alpha Saliou Sow, commerçant à Madina, visiblement frustré par la situation.
Le constat est partagé par de nombreuses personnes, dont Mariam Sylla, une cliente venue faire ses courses. “On a appris qu’il y avait eu un protocole d’accord sur les prix, mais il n’a pas été respecté. Avant, un carton de poulet importé coûtait 250 000 francs guinéens, et aujourd’hui on me dit que c’est 280 000, voire 290 000 francs, selon les revendeurs. De plus, l’unité du poulet est passée de 30 000 à 35 000 francs. Pourquoi ce changement ? C’est vraiment compliqué”, a-t-elle confié.
Elle souligne également que, si certains produits comme l’oignon ont vu leur prix rester stable, la situation est bien plus inquiétante pour les produits importés. “Dans d’autres pays, à l’approche du Ramadan, les prix baissent, mais en Guinée, c’est tout le contraire. L’État doit vraiment faire un effort pour améliorer le panier ménager. Il est essentiel qu’ils se concertent avec les commerçants, parce qu’il ne suffit pas de prendre des décisions dans un bureau, il faut aussi que celles-ci se répercutent sur le terrain”, a ajouté Mariam Sylla.
Ce constat soulève des interrogations sur l’efficacité des protocoles signés et sur la nécessité pour l’État de prendre des mesures concrètes afin de garantir que les promesses de réduction des prix se traduisent réellement dans la réalité du marché, surtout à l’approche du mois de Ramadan, période sensible pour de nombreuses familles.
Aïssata SYLLA


