Le collectif des avocats de Dr Ibrahima Kassory Fofana a organisé un point de presse ce vendredi 7 mars 2025 dans un hôtel de Conakry. Cette rencontre avait pour objectif de partager les observations du collectif concernant la condamnation de leur client.
Maître Dinah Sampil, porte-parole du collectif, a pris la parole pour clarifier les circonstances entourant la condamnation de Dr Kassory Fofana. Elle a notamment souligné qu’aucune preuve concrète n’avait été apportée pour justifier la décision du tribunal.
L’avocate a d’abord mentionné que l’arrêt de la cour fait état d’un refus présumé de leur client de se présenter devant la justice. Le tribunal aurait estimé que cette non-comparution rendait Dr Kassory Fofana coupable de détournement d’un montant de 15 milliards GNF alloués à la MAMRI.
Cependant, Maître Sampil a fermement contesté cette affirmation, en soulignant que l’incapacité de leur client à se présenter était due à des raisons médicales, et que cette situation avait été confirmée par huit rapports médicaux, y compris une contre-expertise effectuée par le CHU de Donka, mandaté par la CRIEF elle-même.
Maître Sampil a insisté sur le fait que, suite à l’examen de ces rapports médicaux, la Cour avait décidé le 13 décembre 2024 de transférer Dr Kassory Fofana dans un centre de soins spécialisé. Par conséquent, il n’était pas juste de qualifier son absence de « refus de comparaître », d’autant plus que cette absence n’était pas motivée par une volonté de soustraire à la justice, mais par des raisons de santé avérées.
Le montant des 15 milliards GNF : des explications financières
L’avocat a ensuite apporté des éclaircissements sur le montant de 15 milliards GNF et les allégations de détournement. Selon l’arrêt du 27 février 2025, Dr Kassory Fofana aurait utilisé cette somme à des fins personnelles. Toutefois, Maître Sampil a réfuté cette accusation, en citant plusieurs rapports d’audit de l’Inspection Générale d’Etat, de l’Inspection Générale des Finances et de la Cour des Comptes, qui confirment une gestion correcte des fonds.
Elle a précisé que la MAMRI, placée sous la tutelle de la Primature entre janvier 2019 et mars 2021, a bénéficié de deux régies d’avances. Pour la première régie d’avance, un solde de 85 900 000 GNF avait été récupéré par le Trésor public à la fin de l’exercice, illustrant ainsi une gestion rigoureuse et rare dans le contexte financier guinéen. Quant à la deuxième régie d’avance de 15 milliards GNF, Maître Sampil a indiqué qu’en mars 2021, lors du transfert de la tutelle de la MAMRI à la Présidence de la République, un solde de 13 104 395 940 GNF était encore disponible sur le compte de la MAMRI au Trésor public. Ce montant, selon l’avocat, n’avait pas été dépensé et était resté en banque, invalidant ainsi l’accusation de détournement.
Le transfert de fonds à l’ANIES : une gestion conforme
En ce qui concerne le solde de 3 milliards GNF transféré à l’ANIES pour répondre au programme social de la COVID-19, Maître Sampil a rappelé que ces fonds avaient été utilisés conformément à un appel d’offre mené par l’ANIES. Ce transfert a été validé par des dossiers officiels, y compris un rapport de la Directrice générale de l’ANIES, qui a été transmis à la CRIEF.
Enfin, Maître Sampil a souligné que si des erreurs administratives avaient pu se produire dans la gestion de ces fonds, elles ne pouvaient en aucun cas être considérées comme des fautes pénales, car Dr Kassory Fofana n’a personnellement tiré aucun profit de ces sommes.
Le collectif des avocats de Dr Ibrahima Kassory Fofana a donc réaffirmé que leur client n’avait commis aucune infraction et que les accusations de détournement de fonds étaient infondées, en l’absence de preuves tangibles. L’équipe juridique met en avant des “éléments clairs qui montrent une gestion saine” des fonds alloués à la MAMRI et dénonce une condamnation qu’elle considère injuste et sans fondement.
Fatoumata CAMARA pour webguinee24.info



