Le procureur spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), Aly Touré, a clarifié ce vendredi 21 mars 2025, lors d’une conférence de presse, la question de l’indépendance de la juridiction qu’il représente. Selon lui, bien que les juges soient indépendants dans leurs décisions, le ministère public, auquel il appartient, est régi par un principe qu’il qualifie de “subordination élastique”.
Cette subordination n’implique cependant pas des instructions directes. Aly Touré a souligné que bien qu’il reçoive des appels de son supérieur hiérarchique, le ministre de la Justice, ces échanges ne constituent pas des interventions sur les dossiers en cours. “Les appels venant du ministre de la Justice sont légaux, et il n’y a rien d’anormal à ce que ce dernier sollicite des comptes rendus réguliers sur les procédures. C’est une pratique quotidienne”, a-t-il précisé. Il a également rappelé que la subordination élastique permet au ministre d’obtenir des informations, mais que cette relation ne porte pas atteinte à l’indépendance de la CRIEF.
Dans un autre registre, Aly Touré a abordé la situation de Mandjan Sidibé, l’ex-directeur général de l’Office Guinéen de Publicité (OGP), toujours hospitalisé. Selon le procureur spécial, l’ancien dirigeant n’a pas pu être entendu à l’heure prévue en raison de son état de santé. “Lors de sa dernière audition, les médecins ont retardé l’interrogatoire car il devait subir un soin médical urgent. L’audition, prévue à 10h, n’a pu avoir lieu que vers midi”, a-t-il expliqué. Il a ajouté que Sidibé est toujours hospitalisé à Ignace Deen et que deux gardes pénitentiaires veillent à sa porte, puisqu’il demeure sous mandat de dépôt. “Il est là pour des soins. La justice a un visage humain. Une fois rétabli, il retournera à la maison centrale”, a-t-il conclu, rappelant que la procédure judiciaire suit son cours, malgré les circonstances de santé du prévenu.
Aly Touré a ainsi mis en lumière la transparence et le respect des procédures, tout en soulignant la dimension humaine du système judiciaire, particulièrement dans les cas où les prévenus nécessitent des soins médicaux.
Aissata SYLLA



