Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction ce 12 avril 2025, Me Jean Alfred Mathos, président du Parti Union pour le Progrès de la Guinée (UPG), s’est exprimé sur plusieurs sujets majeurs. À savoir : la délivrance du certificat d’aptitude par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) après plusieurs mois de suspension, le pacte d’alliance signé par 53 partis politiques en faveur de la candidature du Président Mamadi Doumbouya, ainsi que le référendum constitutionnel prévu le 21 septembre 2025.
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Me Jean Alfred Mathos, votre parti UPG vient d’obtenir son certificat d’aptitude pour reprendre ses activités politiques. Quelle est votre réaction ?
Le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation est l’organe régulateur des activités des partis politiques, en veillant au respect de la charte et des textes en vigueur. Il a mené des inspections dans différents partis, portant notamment sur la présence de sièges, les textes fondamentaux, la tenue régulière de réunions et de congrès comme le prévoient nos statuts.
L’UPG a eu l’honneur de recevoir une délégation du MATD. Déjà, au début de la transition, nous avions accueilli le Premier ministre Bernard Goumou, qui sillonnait le pays avec les facilitateurs. Finalement, nous avons reçu notre certificat d’aptitude à exercer nos activités politiques.
Il faut rappeler que l’UPG est le parti fondé par feu Jean Marie Doré, l’un des pionniers de la démocratie en Guinée. Notre agrément date du 3 avril 1992. Depuis, nous avons participé à deux élections présidentielles, trois législatives, trois communales – dont l’une que j’ai personnellement dirigée. Nous faisons pleinement partie du paysage politique guinéen.
Ma satisfaction est donc immense. Au-delà des problèmes internes que traversent tous les partis, nous avons surmonté l’obstacle principal : la reconnaissance officielle du ministère. Ce certificat rassure nos militants et confirme que l’UPG est toujours actif et prêt à jouer pleinement son rôle politique.
Le référendum constitutionnel est annoncé pour le 21 septembre 2025. Quelle est votre position ?
Mieux vaut tard que jamais. À notre avis, ce référendum aurait dû avoir lieu avant la fin de la transition, afin d’éviter tout vide juridique. Aujourd’hui, la date est annoncée, et c’est essentiel pour la Guinée. Une nouvelle constitution est un acte fondateur qui doit nous permettre d’organiser des élections libres, transparentes et inclusives.
Mais au-delà du vote, il faut veiller à ce que le processus soit crédible, équitable et respectueux de toutes les sensibilités politiques.
Faites-vous partie des 53 partis politiques qui ont signé le pacte d’alliance en faveur du Général Mamadi Doumbouya ?
Oui, nous en faisons partie. Notre engagement s’inscrit dans l’héritage politique de notre patriarche, feu Jean Marie Doré, fondé sur la République et le renforcement des institutions. Il ne peut y avoir de développement sans des institutions solides, portées par des hommes et des femmes responsables.
Nous sommes dans une période de transition, amorcée le 5 septembre 2021 avec le CNRD, qui a suscité beaucoup d’espoir. Il est donc logique de continuer à accompagner cette dynamique. Cela ne signifie pas un chèque en blanc, mais plutôt un soutien critique et constructif.
Le Président Doumbouya incarne aujourd’hui une certaine stabilité dans un contexte sous-régional tendu. Il a mis fin à un troisième mandat controversé, il est jeune, et il symbolise une rupture que nous souhaitons voir déboucher sur une véritable refondation. C’est pourquoi nous avons signé ce pacte d’alliance.
Un dernier mot pour conclure cet entretien ?
Je voudrais dire à nos militants que l’UPG est toujours debout. La vie d’un parti politique est faite d’obstacles, mais comme le disait Jean Marie Doré : « Mieux vaut exister que de rêver à autre chose. » Nous restons fidèles à cet esprit.
Entretien réalisé par Ibrahima Sory Moussa SYLLA pour Webguinee24.info
Contact : 00224 621 26 64 74



