Le processus d’indemnisation des victimes du massacre du 28 septembre 2009 en Guinée a franchi une étape cruciale ce mardi 13 mai 2025, avec la remise officielle des premiers chèques. La cérémonie s’est tenue dans la salle d’audience du procès, en présence de membres du gouvernement, de victimes et de représentants des institutions impliquées.
Cette initiative fait suite au verdict rendu le 31 juillet 2024 par le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à Kaloum, qui a reconnu 334 victimes ayant droit à réparation. Au total, une enveloppe de 119,9 milliards de francs guinéens a été mobilisée par l’État pour indemniser les victimes selon la nature des infractions subies.
Dans son discours d’ouverture, le président de la Commission d’indemnisation a précisé les missions de son institution et les mécanismes mis en place pour assurer un processus transparent et équitable. Il a notamment détaillé les critères de sélection des bénéficiaires, la procédure d’identification, la vérification des pièces justificatives, ainsi que le traitement des plaintes éventuelles. « Pour cette première journée, 11 dossiers ont été validés et deux autres ajournés pour défaut de documents », a-t-il indiqué.
Présidant la cérémonie, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Yaya Kaïraba Kaba, a salué un moment historique pour la justice guinéenne. Il a rappelé que cette indemnisation marque l’aboutissement d’un long combat de 13 ans pour les victimes et les défenseurs des droits humains :
« L’exécution de cette décision judiciaire est une avancée majeure dans la mise en œuvre de la justice transitionnelle. Elle témoigne de la volonté du Chef de l’État de faire appliquer les décisions des juridictions nationales avec diligence et responsabilité. »
Le ministre a également souligné la portée symbolique et sociale de cette mesure, appelant les victimes à envisager un avenir tourné vers la paix, la réconciliation nationale et la reconstruction sociale :
« En rendant hommage aux disparus, nous encourageons les survivants à transformer cette épreuve en moteur de résilience et de contribution au développement du pays. »
Ce programme d’indemnisation constitue une étape essentielle dans le processus de réparation et de rétablissement de la dignité des victimes d’une des tragédies les plus sombres de l’histoire récente de la Guinée.
Aïssata SYLLA


