Le procès en appel de l’ancien Premier ministre guinéen, Dr Ibrahima Kassory Fofana, devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), n’a pas pu se tenir comme prévu ce jeudi 22 mai 2025. L’audience a été reportée au 12 juin prochain en raison d’une irrégularité dans la composition de la chambre d’appel.
Le président de la Chambre, Daye Mara, a expliqué que certains magistrats initialement désignés, notamment l’assesseur Albert Noramou, avaient déjà siégé lors du jugement en première instance. Une situation contraire aux principes de neutralité et d’impartialité requis en appel. « Nous recherchons des magistrats qui n’ont pas été impliqués dans la première instance pour que la chambre soit valablement constituée », a-t-il précisé.
Ce renvoi a suscité de vives réactions du côté de la partie civile. L’Agent Judiciaire de l’État, représenté par Me Amadou Babaen Camara, s’est opposé à cette décision. L’avocat a exprimé son mécontentement, menaçant de demander la récusation de la future composition de la cour. Il plaide pour le maintien de la formation actuelle, dénonçant les risques d’un allongement injustifié de la procédure. « L’État guinéen a déjà été condamné pour non-respect du délai raisonnable dans plusieurs affaires », a-t-il rappelé.
Ce nouveau report dans un dossier emblématique relance les critiques sur les lenteurs judiciaires et met à l’épreuve la crédibilité de la CRIEF. L’institution, chargée de la lutte contre la corruption et les crimes économiques, est régulièrement scrutée pour sa capacité à rendre une justice efficace et équitable.
Par Gnima Aïssata Kébé
Pour webguinee24.info



