Kindia, 10 juin 2025 – Les étudiants de l’École Africaine des Services Sociaux de Santé (EASS) de Kindia sont descendus dans la rue ce mardi, pour exprimer leur mécontentement. Réunis devant leur établissement, situé dans le quartier Féréfou, ils dénoncent des dysfonctionnements majeurs dans la gestion de leurs PV d’examen.
Ce mouvement de protestation, mené principalement par les étudiants de troisième année, met en lumière de nombreuses irrégularités : des PV erronés, des absences de documents pour une grande partie des candidats, ainsi que des cas d’étudiants figurant dans des promotions supérieures sans explication administrative.
« Nous sommes ici pour alerter les autorités sur l’absence de nos PV, à la veille de notre examen de sortie », a déclaré Madik Camara, étudiant en troisième année de la filière Laboratoire. « Nous demandons un report de l’examen et l’intervention urgente du gouvernement pour régulariser notre situation. »
La colère des étudiants est d’autant plus vive qu’ils affirment avoir respecté toutes les obligations financières liées à leur scolarité. Selon Moussa Cissé, chef de classe en soins infirmiers, « les frais de scolarité varient de 2,1 à 2,7 millions de francs guinéens par an. Malgré ces montants élevés, nos diplômes restent incertains et notre avenir est menacé. »
Fatoumata Sow, également en troisième année, évoque une situation critique : « Sur près de 700 étudiants, seuls 314 ont reçu leurs PV, et certains de ces documents sont identiques. Dans plusieurs centres, les PV sont introuvables. Il y a un blocage manifeste au niveau administratif. »
Outre l’accès aux PV, les étudiants dénoncent un manque de transparence et d’organisation au sein de l’établissement, aggravé par le silence des autorités locales, qui n’ont pas encore réagi officiellement à la mobilisation.
Dans une déclaration commune, les grévistes lancent un appel pressant au président de la République et à la ministre en charge de l’Enseignement supérieur. Ils réclament le report immédiat des examens et une prise en charge rapide de leur dossier pour éviter une dégradation de la situation.
À quelques heures de l’examen de sortie, l’incertitude demeure. Les regards sont désormais tournés vers les autorités compétentes, appelées à agir en urgence pour désamorcer cette crise étudiante à Kindia.
Aïssata SYLLA



