Conakry, 6 septembre 2025 – L’ancien ministre et actuel Directeur Général du Centre National de Surveillance et de Police des Pêches (CNSP), Guillaume Hawing, a animé ce samedi une conférence de presse à la Maison de la presse, au cours de laquelle il a longuement défendu le projet de nouvelle Constitution en Guinée.
Selon lui, ce texte fondateur introduit « une vingtaine d’innovations institutionnelles » destinées à doter le pays d’« institutions fortes et de politiques intelligentes ».
Le Sénat et la Cour spéciale de justice comme piliers
Parmi les principales nouveautés mises en avant, M. Hawing a cité l’instauration du bicaméralisme avec la création d’un Sénat. « Un tiers des sénateurs sera nommé par le président de la République, mais les deux tiers viendront des régions et des communes, à travers un vote. Cela renforce la décentralisation », a-t-il expliqué, soulignant que cette configuration constitue « un contre-pouvoir utile » et un mécanisme de contrôle de l’action gouvernementale.
Autre innovation majeure, la mise en place d’une Cour spéciale de justice, composée de neuf membres non désignés par décret présidentiel. Cette institution, prévue aux articles 160 à 163 du projet de Constitution, aura compétence pour juger le président de la République et les membres du gouvernement en cas de haute trahison ou de parjure. « C’est une avancée unique dans la sous-région », a estimé l’ancien ministre.
Des organes de contrôle pour garantir les engagements de l’État
M. Hawing a également mis en avant la création de commissions indépendantes, telles que la Commission nationale pour le développement (article 168) et la Commission nationale de l’éducation civique et des droits humains (article 171). Celles-ci auront pour mission de veiller au respect des engagements de l’État, notamment en matière de participation des jeunes, des femmes, des personnes handicapées et de la diaspora à la vie nationale.
Le débat sur la durée du mandat présidentiel
Abordant la question sensible de la durée du mandat, désormais fixé à sept ans renouvelable une fois, l’ancien ministre a défendu ce choix comme une nécessité économique et institutionnelle. « Avec un mandat de cinq ans, entre les délais liés aux marchés publics et les années électorales, il est difficile de concrétiser de grands projets. Le passage à sept ans permet de gagner dix années de travail et de développement sur un quart de siècle », a-t-il expliqué.
Pour lui, cette disposition ne vise pas à « s’éterniser au pouvoir », mais correspond aux réalités guinéennes. « Chaque pays a ses spécificités. Ce projet n’est calqué sur aucun modèle étranger, il nous ressemble et nous rassemble », a-t-il insisté.
« La meilleure Constitution de la sous-région »
Se présentant comme un lecteur assidu des textes fondamentaux d’autres pays africains, Guillaume Hawing a affirmé que le projet guinéen est « la meilleure constitution de la sous-région ». « Toutes les réponses aux préoccupations des citoyens y figurent. C’est une dose d’intelligence très poussée. Je suis prêt à en débattre avec n’importe quel constitutionnaliste », a-t-il lancé.
En conclusion, il a appelé les Guinéens à s’approprier ce texte, estimant qu’il représente une opportunité historique pour « renforcer la démocratie et poser les bases d’un développement durable ».
Aïssata SYLLA



