La mission d’observation de la CEDEAO est arrivée ce jeudi 18 septembre 2025 à Conakry, dans le cadre du scrutin constitutionnel prévu le 21 septembre. Mais cette présence suscite déjà de vives critiques. Le président du Bloc Libéral, Dr Faya Milimono, dénonce une organisation qu’il juge « affaiblie » et « déconnectée » des réalités ouest-africaines.
Lors d’une déclaration ferme et sans concession, le leader politique a rappelé l’inaction de la CEDEAO lors des épisodes marquants de la vie politique guinéenne, notamment la réforme constitutionnelle ayant permis à l’ex-président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. « Pour ma part, la CEDEAO s’est tellement affaiblie qu’évoquer même son nom soulève le désespoir », a-t-il lancé.
Dr Milimono a également évoqué son déplacement à Abuja, aux côtés de personnalités politiques comme Dr Ousmane Kaba, Dr Édouard Zotomou et Cellou Dalein Diallo, pour saisir la Cour de justice de la CEDEAO. Cette initiative visait à empêcher le troisième mandat d’Alpha Condé, mais « ils n’ont absolument rien fait, jusqu’à ce qu’Alpha s’octroie ce mandat », a-t-il déploré.
Une organisation en perte d’influence
Élargissant son analyse au contexte régional, Dr Milimono estime que la CEDEAO traverse une crise structurelle, citant l’émergence de l’Alliance des États du Sahel (AES), créée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger après leur retrait de l’organisation. « Les cinq dernières années, nous avons la moitié du territoire de la CEDEAO qui s’est scindée. Les chefs d’État doivent repenser complètement cette institution », a-t-il insisté.
Autre point de critique : la gestion des ressources financières. Pour Dr Milimono, les fonds alloués aux missions d’observation et aux déplacements officiels pourraient être investis dans des infrastructures de base : « Le financement de ces voyages empêche nos populations d’avoir des ponts, des écoles, des hôpitaux », a-t-il dénoncé.
L’arrivée de la délégation de la CEDEAO, censée contribuer à la crédibilité du processus référendaire, illustre ainsi une fracture profonde entre l’institution sous-régionale et une partie de la classe politique guinéenne.
Aïssata SYLLA



