Les réactions fusent depuis l’annonce de la Direction Générale des Élections (DGE), qui a fixé à neuf cents millions de francs guinéens (900 000 000 GNF) la caution exigée pour les candidats à l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025.
Parmi les voix critiques, celle du Dr Ben Youssouf Keïta, qui estime que le montant fixé est excessif et risque d’exclure de nombreux prétendants animés de patriotisme mais dépourvus de moyens financiers considérables.
« Pour un Guinéen intellectuel, qui a servi l’État sans activités lucratives parallèles, ce montant est très élevé. Beaucoup de patriotes désireux de participer au débat politique ne pourront pas réunir une telle somme », a-t-il déclaré.
Le Dr Keïta explique avoir déposé sa candidature dès l’ouverture officielle des postulations, avant même la publication du nouveau code électoral. Il affirme avoir agi « de bonne foi », comptant sur un parrainage citoyen. Mais, selon lui, les nouvelles dispositions introduites dans les articles 247, 248 et 341 du code électoral rendent désormais le processus beaucoup plus restrictif.
Ces articles exigent notamment que chaque candidat recueille le soutien de 30 % des présidents des délégations spéciales couvrant au moins 70 % des communes du pays — une condition que le candidat juge quasi impossible à remplir dans le contexte actuel.
« Tous les présidents des délégations spéciales et maires des 33 préfectures de la Guinée ont décidé de soutenir un seul candidat, le général-président Mamadi Doumbouya. Cela exclut de fait les autres candidats indépendants du processus de parrainage », a déploré Dr Keïta.
Malgré ces obstacles, le candidat indépendant refuse d’abandonner. Il assure vouloir poursuivre son engagement politique et chercher des alternatives pour participer à la gestion publique.
« Devant les difficultés, il ne faut ni reculer ni se taire. Nous explorons d’autres pistes, notamment une collaboration possible avec des partis politiques en règle. Une chose est sûre : nous irons jusqu’au bout », a-t-il conclu.
L’annonce de la DGE continue ainsi de susciter un large débat sur les conditions d’éligibilité et la représentativité politique à quelques mois d’un scrutin présidentiel très attendu en Guinée.
Fatoumata CAMARA



