La mise en service d’une nouvelle grande mosquée dans le quartier Kénendé, dans la commune urbaine de Kindia, a été marquée par une prise de parole forte de son donateur, l’érudit Elhadj Abdoul Wakil Alamaly Keita. Devant un parterre d’autorités religieuses et administratives, celui-ci a exprimé ses préoccupations quant à la gestion actuelle des affaires islamiques dans la ville.
La cérémonie s’est déroulée en présence du secrétaire général des Affaires religieuses, Elhadj Karamo Diawara, ainsi que de responsables locaux. Dans un premier temps, l’érudit a rendu grâce à Dieu pour l’achèvement de l’édifice et pour le climat de paix ayant permis sa réalisation. Il a également salué l’accompagnement des autorités nationales, citant notamment le Président de la République, Mamadi Doumbouya, qu’il a remercié pour son soutien aux initiatives en faveur du culte musulman.
Mais au-delà des remerciements et du caractère solennel de l’événement, le discours a pris une tournure plus critique. Elhadj Abdoul Wakil Alamaly Keita a interpellé les autorités de la ville, gouverneur, préfet, maire et responsables des forces de défense et de sécurité, les exhortant à veiller à l’unité et à la stabilité de la cité des agrumes.
Selon lui, l’islam à Kindia serait aujourd’hui sous l’influence d’un cercle restreint d’acteurs. Il a affirmé que certaines autorités religieuses locales, notamment l’inspecteur régional et le secrétaire préfectoral aux Affaires religieuses, ne jouiraient pas d’une pleine autonomie dans l’exercice de leurs responsabilités.
S’adressant explicitement à la structure des sages connue sous l’appellation Kania Lanyi, fondée par le défunt Kountiguigbé Elhadj Mamoudou Camara, l’érudit a plaidé pour une clarification des rôles. Il a estimé que, quelle que soit l’influence des structures traditionnelles, la gestion des questions religieuses doit rester du ressort des autorités religieuses compétentes.
En tenant ces propos dans un cadre aussi symbolique, Elhadj Abdoul Wakil Alamaly Keita ouvre un débat sensible sur la gouvernance du culte musulman à Kindia, où les relations entre autorités administratives, religieuses et notabilités locales demeurent un enjeu majeur.
Aboubacar Samoura correspondant régional à Kindia



