Le procès de Jean-Louis Pogomou, Georges Olemou et Thomas Douaro devant le tribunal criminel de Dixinn, exceptionnellement délocalisé à Kaloum dans le cadre du dossier des événements du 28 septembre 2009, a pris une nouvelle orientation ce lundi 23 février 2026.
Après quatre années de détention provisoire, les trois accusés ont été remis en liberté, sous réserve d’un éventuel recours de la partie civile. La juridiction ne s’est pas prononcée sur le fond des accusations, mais a statué exclusivement sur une question de procédure ayant conduit à l’annulation de l’ordonnance de renvoi.
À la lecture du verdict, le président du tribunal, le juge Aboubacar Thiam, a rappelé que, par ordonnance du 30 octobre 2023 rendue par le doyen des juges d’instruction du tribunal de première instance de Dixinn, les trois hommes avaient été renvoyés devant le tribunal criminel pour complicité présumée dans des faits d’assassinats et de meurtres ayant coûté la vie à 156 personnes, de viols sur 109 femmes, ainsi que pour enlèvements et séquestrations, actes de torture, coups et blessures, violences volontaires, vols à main armée, entrave aux mesures d’assistance et omission de porter secours. Ces faits sont liés aux violences survenues le 28 septembre 2009 au stade du 28-Septembre.
Toutefois, le tribunal a fondé sa décision sur les arrêts rendus antérieurement par les juridictions supérieures. Le juge a notamment relevé l’arrêt n°8 du 29 juillet 2025 de la Cour suprême déclarant irrecevable le pourvoi formé par le parquet général contre une précédente décision.
La juridiction a également donné plein effet à l’arrêt n°09 du 15 mars 2023 de la deuxième chambre de contrôle de l’instruction, estimant que l’ordonnance de renvoi n°321 du 30 octobre 2023, prise après l’annulation de la procédure, était « irrégulière » et, par conséquent, « nulle et de nul effet ».
Le tribunal a précisé que la question de la prescription ne pouvait être examinée, celle-ci étant devenue sans objet au regard de l’annulation de la procédure. Le ministère public a été renvoyé « à mieux se pourvoir ».
Dans son dispositif, la juridiction a ordonné la mise en liberté des accusés, conformément aux décisions antérieures ayant invalidé la procédure, et a mis les frais et dépens à la charge du Trésor public, en application des articles 396, 533, 548, 1251 et 562 du Code de procédure pénale.
Ainsi, le tribunal criminel de Dixinn ne s’est pas prononcé sur la matérialité des faits ni sur la culpabilité des prévenus, limitant sa décision à la seule régularité de la procédure.
La décision demeure susceptible d’appel de la part de la partie civile.
Aïssata SYLLA



