La population résidente de la Guinée est désormais estimée à 17 521 167 habitants. C’est l’un des principaux enseignements issus de la présentation des résultats préliminaires du quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4), dévoilés ce mercredi 25 février 2026 lors d’une cérémonie officielle organisée sous l’égide du ministère du Plan et de la Coopération internationale.
Une opération structurée en huit phases
Prenant la parole, le directeur général de l’Institut national de la statistique, Dr Makan Doumbouya, a détaillé les fondements méthodologiques et les grandes tendances démographiques révélées par l’opération.
Selon lui, le RGPH-4 visait à déterminer l’effectif de la population, sa répartition géographique, sa structure ainsi que ses principales caractéristiques socioéconomiques. L’opération s’est articulée autour de huit phases majeures : les travaux préparatoires (élaboration de la méthodologie, développement des outils et infrastructures informatiques), la cartographie censitaire pour subdiviser le pays en zones statistiques homogènes, le recensement pilote, le dénombrement général des ménages et des personnes vivant dans les lieux publics, l’enquête post-censitaire – une première en Guinée – destinée à évaluer le taux d’omission et d’erreur, le traitement des données, puis la publication et la diffusion des résultats.
Un recensement marqué par l’innovation
Les responsables techniques soulignent deux innovations majeures. D’une part, le processus a été entièrement digitalisé, ce qui a permis d’accélérer les opérations, de renforcer la transparence et de sécuriser les données collectées. D’autre part, l’introduction d’une enquête post-censitaire a permis d’ajuster les chiffres en mesurant la couverture réelle du dénombrement.
Sur le plan démographique, les résultats traduisent une croissance soutenue. Entre 1996 et 2025, la population est passée de 7 156 406 à 17 521 167 habitants, soit un taux d’accroissement annuel moyen de 3,1 %.
La population est majoritairement féminine (51,8 %) et demeure essentiellement rurale, avec 61,3 % des habitants vivant en milieu rural. Toutefois, l’urbanisation progresse rapidement : entre 2014 et 2025, la population urbaine est passée de 3 656 362 à 6 776 769 habitants.
Des disparités régionales marquées
La répartition régionale met en évidence d’importants contrastes. Les régions de Kankan et de Conakry concentrent les effectifs les plus élevés, avec respectivement environ 4,1 millions et 3,5 millions d’habitants. À l’inverse, la région de Mamou affiche la plus faible population, estimée à 916 535 habitants.
La structure par âge confirme par ailleurs le caractère jeune de la population guinéenne : plus de la moitié des habitants ont moins de 15 ans et près de 80 % ont moins de 35 ans.
Une densité contrastée et plus de 113 000 infrastructures recensées
Au niveau national, la densité moyenne est estimée à 71 habitants par kilomètre carré. Ce chiffre masque toutefois d’importantes disparités. La capitale, Conakry, enregistre une densité de 10 200 habitants/km², loin devant Coyah (310 habitants/km²) et Labé (807 habitants/km²).
Au-delà des données démographiques, le RGPH-4 a permis d’identifier 113 371 infrastructures socio-économiques de base à travers le pays, dont 102 270 sont fonctionnelles, soit environ 90 %. Ces infrastructures concernent principalement les lieux de culte, les établissements éducatifs et les points d’eau.
Les autorités annoncent, pour la suite du processus, l’élaboration de 22 rapports thématiques destinés à approfondir les analyses, notamment sur l’emploi, la vie économique et l’environnement.
Aïssata SYLLA



