Le ministère des Affaires étrangères a présenté, ce jeudi 26 février 2026, un point d’étape sur la situation de la diaspora guinéenne. Protection consulaire, délivrance des passeports, évacuations d’urgence et contentieux liés aux expulsions figuraient au cœur des échanges avec les médias.
Prenant la parole, le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, est revenu sur les difficultés constatées à son arrivée à la tête du département. Il évoque un système fragilisé, marqué par de longs délais dans l’établissement des passeports, des compatriotes privés de documents d’identité et des pratiques assimilées à des dérives administratives. Selon lui, certains Guinéens établis à l’étranger pouvaient attendre jusqu’à deux ans avant d’obtenir un passeport valide.
Une orientation présidentielle axée sur la protection
Le chef de la diplomatie a souligné que la défense des ressortissants guinéens constitue désormais une priorité définie au plus haut sommet de l’État. Il rapporte que le président de la République, Mamadi Doumbouya, a donné des instructions claires pour que chaque Guinéen confronté à des difficultés à l’étranger bénéficie de l’accompagnement des autorités nationales.
Dans cette perspective, une cellule de crise permanente a été instituée au sein du ministère afin de répondre aux situations d’urgence impliquant des citoyens guinéens hors du territoire.
Des opérations d’assistance et de rapatriement
Le ministère met en avant plusieurs interventions menées ces dernières années. Durant le conflit en Ukraine, la Guinée affirme avoir mobilisé des ressources financières pour soutenir ses ressortissants pris au piège des hostilités.
Des actions similaires ont été entreprises en Tunisie, en Algérie et en Égypte, où des opérations d’assistance et de rapatriement ont été organisées au profit de migrants guinéens en situation de grande vulnérabilité. En Algérie notamment, des compatriotes en difficulté dans des zones désertiques auraient été secourus avec l’appui des autorités locales.
Désaccords sur certaines expulsions
Abordant la question des expulsions, Morissanda Kouyaté a exprimé des réserves sur certaines pratiques observées dans des pays partenaires. Concernant le Sénégal, il a indiqué que les autorités guinéennes avaient contesté des procédures de refoulement jugées non conformes aux engagements bilatéraux.
Le ministre a également critiqué les mécanismes d’identification de migrants proposés par certains États européens, notamment le recours à la reconnaissance faciale à distance pour confirmer l’identité de ressortissants avant leur reconduite. Il affirme que la Guinée refuse toute procédure qui ne garantirait pas le respect strict des droits et de la dignité de ses citoyens, même face à d’éventuelles mesures de rétorsion comme la restriction de visas.
Encourager l’investissement de la diaspora
Au-delà de la gestion des crises migratoires, le ministère entend renforcer les liens économiques avec la diaspora. Des protocoles d’accord auraient été signés avec des institutions bancaires afin d’offrir davantage de garanties aux Guinéens souhaitant investir dans leur pays d’origine.
Un discours d’unité
Face aux critiques, le chef de la diplomatie adopte un ton ferme tout en se voulant inclusif. Il assure que la protection consulaire ne saurait être conditionnée par des divergences politiques. Évoquant son propre parcours de deux décennies à l’étranger, il plaide pour une réconciliation durable entre la diaspora et la nation, estimant que leur contribution demeure essentielle au développement du pays.
Par cette sortie médiatique, le ministère des Affaires étrangères entend réaffirmer son engagement en faveur d’une diplomatie plus proactive, centrée sur la défense des intérêts et de la dignité des Guinéens établis hors des frontières.
Aïssata SYLLA



